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Kim (collection) 11. Funestes amours

08/01/2026 385 visiteurs 7.0/10 (1 note)

C harles Burns n'a jamais caché sa fascination pour les comics sentimentaux. Ils sont omniprésents dans Toxic et il avait déjà imaginé, dans Love Nest, Sweet Dreams ou encore Caprice, de nombreuses illustrations et couvertures fictives dédiées à ce genre. Mais à quoi ressemblerait une romance passée à la moulinette de l'auteur de Black Hole ? Funestes amours apporte un élément de réponse.

Pour commencer, il faut une héroïne confrontée à un choix dangereux. Doit-elle céder à la passion ou écouter la voix de la raison ? Non sans une part d'interdit - sinon, quel serait l'intérêt de ce type de récit ? -, la transgression est donc inévitable. Voilà de quoi stimuler l'imagination de Burns. Il imagine trois récits qui s'approprient les stéréotypes de ces pulps, pour mieux les détourner. Une femme vit une romance mystérieuse avec un homme qu'elle retrouve en cachette tous les soirs. Qui est-il vraiment ? Une jeune fille fait une révélation inattendue à sa colocataire, quitte à la choquer. Enfin, une amnésique tente de reconstituer les heures précédant l'accident qui l'a clouée sur un lit d'hôpital.

Les trois intrigues qui composent ce recueil semblent reliées, mais le sont-elles vraiment ? Elles s'emboitent imparfaitement, comme des poupées russes endommagées. La présence de quelques personnages récurrents suggère un lien, même s'il reste trouble. Le canevas général semble évident, mais l'ensemble évoque plutôt des songes enfiévrés brouillant les fontières entre réalité et fantasmes. Un imaginaire de conte de fées accentue encore le sous-texte sexuel. Que pourrait bien représenter une silhouette obscure dans une forêt, séduisant une innocente enfant ? De plus, l'auteur joue indubitablement du male gaze, jusqu'à l'exposer de manière complètement absurde dans le parfaitement malaisant courrier des lecteurs qui clôt ce volume.

Le côté glauque des scénarios reflète indubitablement l'obsession malsaine de la gent masculine. Les situations perverses servent avant tout à satisfaire des pulsions de domination, réduisant les héroïnes à la fonction de proie. La soumission semble la seule issue pour échapper à la tragédie. Si Funestes amours est sans doute un exercice en mode mineur, il n'en reste pas moins réjouissant, à ne pas prendre au premier degré, bien évidemment.

Par T. Cauvin
Moyenne des chroniqueurs
7.0

Informations sur l'album

Kim (collection)
11. Funestes amours

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L'avis des visiteurs

    Eric DEMAISON Le 05/12/2025 à 11:15:53

    Où à travers 3 histoires (un peu perverses), il est question d'amour, de sexe, de bandage, d'accidents de voiture....
    Entrelacs de destins dans les scénarios qui donnent un fond irréel à l'ensemble.
    Et toujours le style graphique inimitable.