A
ctuel d’aujourd’hui, sociétal de la société et avec ce qu’il faut d’esprit, la collection Pataquès de James trace son sillon depuis plusieurs années désormais. De l’humour bien senti, une approche visuelle héritée des réseaux sociaux et un acharnement bienvenu pour démonter les absurdités et les modes, la philosophie et le ton du projet sont bien en place. De plus, il y a un guide, ou plutôt un modèle à suivre : Fabcaro (pas celui de la reprise d’Astérix, celui de juste avant). L’influence et l’impact de l’auteur d’Open Bar et Zaï Zaï Zaï Zaï ne se démentent pas et finissent presque par être écrasants, particulièrement pour les nouveaux venus. À une autre époque, un éditeur demandait à ses dessinateurs de faire du Franquin. En 2026, c’est faites moi rire, à la manière de Fabcaro de préférence.
Bilan carbonara de Michel Poivre est l’exemple parfait de cette tendance. Acide et doté d’un sens de l’observation acéré, il attaque frontalement les paradoxes dans lesquels nous baignons et nous nous complaisons. Ultra-riches déconnectés (pour être poli), managers de la com’ pour la com’ ou simples citoyens désarçonnés (plus ou moins consciemment), les constats ravageurs se succèdent. Ces «messages» sont soutenus par des illustrations au trait réaliste et une mise en couleurs décalée juste ce qu’il faut afin de souligner la modernité de l’ouvrage. Alors, oui, avouons-le, le résultat s’avère efficace et provoque de nombreux rires et sourires. Par contre, tant l’exécution que le fond laissent une forte impression de déjà-vu. Espérons que Poivre, dans ses prochains travaux, arrivera à s’éloigner de son modèle et trouver un style plus personnel.
Avec ou sans crème ou en version vegan, voire déconstruit, Bilan carbonara devrait rassasier les amateurs de dézingue à tout va et les bobos post-modernes bien équipés en deuxième degré.







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