« Je promets et jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité…» Soit, mais une fois radié de l’ordre des médecins, que faire ? Trouver de nouveaux arrangements avec l’éthique et rechercher l’argent là où il se trouve, au risque de tout perdre et de sombrer définitivement ! N’est-ce pas, Alexandre ?
Glénat profite des dernières semaines de l’année du Serpent pour sortir Le Serment, un thriller médico-fantastique qui revisite ses classiques.
Dans un contexte d’urban fantasy, Mathieu Gabella et Mathieu Mariolle décident de déconstruire le mythe du vampire. La manière utilisée pousse à établir un parallèle avec Whitley Strieber, avec qui les deux scénaristes partagent une approche désacralisée, médicalisée et esthétisée de la légende de Dracula, quitte à lui inventer une nouvelle anagenèse. Privilégiant une mise en scène des plus cinématographiques, ils reprennent nombre des codes du 7ème Art, tant dans le design caracters que dans leurs « mouvements » de caméra ou les différents cliffhangers qui concluent chacun des quatre chapitres de l’album. Le temps d’une nuit, le lecteur est pris à la gorge, entraîné malgré lui dans une succession de scènes où l’action prime avant tout, quitte, parfois, à en effacer la dimension humaine.
À l’unisson de cette débauche d’effets scénaristiques, Mikaël Bourgoin livre une prestation de haut vol, largement inspirée des productions d'outre-Atlantique : ses personnages sont typés, mais sans excès et offrent un panel complet des profils psychologiques du genre ; sa mise en page et ses cadrages, entièrement au service de la dynamique, renforce - si besoin était - la densité et le rythme du récit ; tandis que ses éclairages, d’une précision chirurgicale, exacerbent la tension de chaque scène et marquent la part d’ombre des protagonistes.
Album totalement maîtrisé et calibré, Le Serment travaille une esthétique, une ambiguïté et une complexité qui en font toute la singularité et l’attrait. Un premier opus (?) des plus réussis !

















Quelle surprise ! On va de rebondissements en rebondissements sans cesse. C’est très joli, avec des couleurs bien choisies, et le rythme est hyper bien géré.
"Le serment" ou comme pourrait donner l’illusion au travers de l'illustration "Le serpent" présente toute son ambivalence sur la couverture de l'album qui propose de mêler l'un à l'autre (hospitalité et animalité) dans un thriller noir déroutant.
Et c'est fait avec beaucoup de classe de la part de Mathieu Bourgoin (Codex Angélique, Blue Note) qui propose une ambiance sombre, sans réelle repère dans l'espace avec un univers qui semble apocalyptique. Des illustrations qui tranchent avec le style comics,des noirs profonds en plus de bords alternatifs entre blanc et noir selon les séquences et qui ajoutent une ambiance anxiogène. Une belle mise en scène dont on ne peut reprocher les grandes qualités en plus du nombre de détails. C'est ce qui fait la qualité selon moi de ce thriller fantastique.
Mathieu Gabella est un habitué des scénarios taillés pour surprendre et changer habilement le rôle des protagonistes, ainsi que la position et le point de vue du lecteur par rapport au récit, il le fait toujours de manière précise en distillant de nombreuses informations. Cependant, de la même manière que "La Licorne" en 4 tomes avec Anthony Jean, je regrette les "retournements de veste" incessants des personnages (Alexandre et Zacharie) donc de leur conditions,. Cela fonctionne 1 à 2 fois, mais Gabella l'utilise excessivement et l'effet de surprise essouffle le récit sur la longueur. Du moins, l'ensemble du récit reste dense, qualitatif et bien écrit.
On peut facilement imaginer une suite après lecture de la fin etde l'épilogue du one-shot. Cependant, cette histoire introduisant des vampires à la langue de serpent et aux conditions physiques exceptionnelles ne m'a pas pleinement convaincu, j'attends autre chose d'un récit fantastique avec plus de mysticisme, le récit aborde ici clairement un coté thriller chronométré de bout en bout, ou le lecteur ne prend pas le temps de respirer et de sortir la tête de l'eau avec de grosse scènes d'actions (fusillades, course-poursuite) sans possible retour en arrière.
Je pense que c'est une des meilleures sorties de ce premier trimestre 2026.
l'intrigue est super sympa, elle nous tient en haleine du début à la fin.
Les dessins aussi sont très très bien. Leurs côtés noirs, les ombres, les palettes de couleurs et le découpage appuient très efficacement l'histoire.
C'est une histoire complète, un one-shot, il n'y a donc aucune frustration de terminer un album pareil sans en avoir la fin, mais les auteurs ont laissé une porte grande ouverte pour une éventuelle suite.
Et cerise sur la gâteau : le livre est bel objet. Sa couverture super sympa, son dos toilé... la bd se place fièrement dans la bibliothèque !
À consomer sans modérations.
Voici une BD efficace qui répond parfaitement aux attentes d'amateurs du genre.
Le dessin est très réussi, la veine "comics" est 100% assumée et le parti pris des couleurs participe grandement à l'atmosphère oppressante de la narration. L'histoire de ce docteur déchu affrontant l'impensable pour sauver les siens nous tient en haleine de bout en bout; pas de temps mort! Les auteurs laissent grandement ouverte la planche pour un tome 2 qui donnerait à Mickaël Bourgouin l'occasion de sortir des hangars et du sous sol de cet opus pour dessiner l'extérieur et la lumière du jour.
J'ai hâte de voir ça !
Un album à l’ambiance extrêmement réussie : un huis-clos dans un bloc opératoire clandestin. A l’intérieur, 4 personnages dont chacun est une menace pour les autres. A l’extérieur une autre forme de danger, bien plus dangereux, guette les protagonistes qui n’ont d’autre choix que de s’allier pour la circonstance. L’atmosphère vire au fantastique et devient vite suffocante.
Le scenario dévoile par petite touche toute sa complexité en embarquant le lecteur dans un véritable cauchemar, dont il est difficile de deviner l’issue. C’est surprenant, sans répit, addictif.
En revanche, ce rythme haletant ne laisse pas de place à des développements narratifs qui auraient été indispensables pour une meilleure compréhension de l’histoire. Quand l’action s’emballe, ça part dans tous les sens et certaines scènes peuvent devenir difficiles à décrypter. Le découpage n’aide pas toujours. Il est globalement très bien maitrisé mais quelques planches sont parfois peu intuitives et brouillent un peu la lecture.
Pourtant, le dessin d’inspiration comics est ultra efficace. Les pages noires, les gros plans sur les visages crispés, la lumière blafarde super bien gérée… Mickaël Bourgouin nous met une claque. Son style est redoutable et parfaitement adapté à ce genre d’histoire glauque et violente.
J’avoue que j’ai fini l’album sans être sûr d’avoir tout compris. Mais ça fonctionne. L’association d’un dessin virtuose et d’un récit obscur et bien trempé, en font une série B de luxe.
Sorti le 2 janvier et déjà candidat à l’album de l’année, belle perf! Sous une énigmatique couverture mélangeant une esthétique pandémique, le sceau d’Hippocrate et les dents vampiriques, ce Serment attire la curiosité et démarre sur le format du huis-clos post-braquage en se
centrant sur un intéressant personnage de froid médecin qui fait penser au Blackjack de Tezuka. D’un calme glacial, Alexandre semble capable de tout gérer dans son repaire médical de campagne. Méthodique, il a tout prévu et tient ses patients par le bout de son bistouri. Le gain est énorme, les clients sont pleins de leur forfait, la morale passera après. Découpé en quatre chapitres qui teasent magnifiquement l’évolution d’un récit traversant plusieurs genres, l’album est un bijou de construction narrative!
Démarrant en huis clos, l’irruption de l’invité mystère instille un doute aberrant sur l’hypothèse fantastique auquel on ne croit pas beaucoup, le scénariste calant notre perception sur celle de l’hyper-cartésien médecin. Jouant astucieusement avec ses quatre personnages qui introduisent des tensions en sous-intrigues, le récit évolue ensuite lorsqu’arrive l’élément extérieur de l’agence sanitaire: conspiration vampirique arrivée pour les éliminer ou administration appliquant les protocoles adaptés au risque d’un virus mutagène? La grande force du récit est de mélanger le doute fantastique et celui de la conspiration, dans un alliage très original qui renouvelle deux genres éculés. Chaque chapitre progressant de façon déterminante en faisant évoluer l’histoire dans un sens nouveau, l’album nous tient en haleine en nous faisant oublier certaines zones d’ombres ou incohérences de la révélation par un rythme qui nous laisse sous respirateur euphorisant.
Aussi à l’aise dans les atmosphères d’ombre que dans les nombreuses séquences d’action bardées de twists, Mikael Bourgoin, découvert sur le sublime Blue Note (coup de cœur du blog) propose des planches détaillées, dynamiques, au découpage créatif. Son trait rappelle par moment Sean Murphy, en plus précis, et nous oppresse avec des fonds noirs omniprésents, lorsqu’il n’illumine pas par des surgissements artistiques en pleines pages mythologiques.
Sans défauts apparents hormis pour les scénaristes en herbe qui pourront pinailler sur une explication pas forcément totalement étanche, ce Serment pousse le talent jusqu’à un épilogue gourmand qui pourrait autoriser une prolongation si le succès (inévitable) est au rendez-vous. Des BD comme ça pour commencer l’année ça vous met en joie pour les douze prochains mois!
Lire sur le blog:
https://etagereimaginaire.wordpress.com/2026/01/14/le-serment/
Un album qui par son dessin, son ambiance et son genre (thriller fantastique, avec en toile de fond un complot mêlant une mystérieuse agence gouvernementale et des créatures surnaturelles) évoque un peu LE CHANT DES STRYGES. Étant amateur du genre, j'ai fortement apprécié la lecture de cet opus. Trait réaliste très dynamique, cadrages quasi cinématographiques, colorisation très sombre bien en accord avec le thème de l'album ... Le dessin envoie du lourd et est pour moi le point fort de l'album. Mais le scénario n'est pas en reste, avec une intrigue bien sombre et bien prenante.
L'album est un one-shot et se suffit à lui-même, mais la fin laisse tout de même entrevoir la possibilité pour une suite. Je ne dirais pas non !