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adrid, 17 février 1936. Manuel et Lucciana se rencontrent pendant les célébrations de la victoire du Frente popular. Le coup de foudre est instantané. Le premier se revendiquant stalinien et la seconde anarchiste, leur amour se révèle toutefois impossible. Quelques mois plus tard, le hasard réunit les amants à Carthagène. Lui prend livraison d’une cargaison d’armes offertes par Staline. Elle tente pour sa part de détourner les cinq-cent-dix tonnes d’or du trésor républicain en voie d’emprunter le chemin de Moscou.
Le journaliste Philippe Guillaume a visiblement fait ses devoirs pour décrire une Espagne déchirée par les idéalismes. Il n’est cependant pas toujours facile de s’y retrouver, d’autant plus que certaines ellipses se montrent particulièrement abruptes. Pour tout dire, bien que le ton apparaisse didactique, il vaut mieux avoir une certaine connaissance des enjeux sociaux de l’époque ou, à tout le moins, d’effectuer les recherches nécessaires pour tisser les liens entre les événements.
Il demeure difficile de s’attacher aux personnages, très froids et sans états d’âme, ils s’expriment comme des tracts politiques. Leur idylle semble d’ailleurs un peu artificielle.
Le dessin réaliste de Pierre-Emmanuel Dequest traduit un réel souci du détail. Si les décors sont réussis, il n’en va pas de même pour le travail des comédiens au jeu erratique. Aussi, le positionnement de certains phylactères alimente la confusion. La colorisation, à l’aquarelle est agréablement lumineuse, en porte-à-faux avec un propos plutôt sombre.
Au final, ce premier tome du Trésor perdu de la guerre d’Espagne a l’allure d’une longue mise en contexte. Reste à voir, quelle direction prendront les deux prochains volets de la trilogie.








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