P
aris, juillet 1789. Accompagné d’un énorme loup, un bretteur de l’ombre tranche les têtes des scélérats pour faire régner sa justice dans les rues de la capitale. Se lançant à sa poursuite, le journaliste Gabriel Joly entreprend une traque effrénée, laquelle l’amène jusque dans le maquis corse, où la Main rouge manigance pour influencer le cours d’une Révolution balbutiante. Adaptant un roman d’Henri Lovenbruck, Philippe Thirault entremêle fiction et événements historiques.
Visiblement influencé par la tradition du feuilleton, l’auteur met l’aventure à l’avant-plan dans un récit où les rebondissements pullulent. Le lecteur ne trouvera aucun temps mort dans cette histoire faite de complots maçonniques, d’un mystérieux bagnard emprisonné à la Bastille, de pirates, d’un trésor, de messages codés et, cela va de soi, d’enjeux politiques avec en toile de fond Danton, Robespierre et quelques autres figures marquantes de l’époque.
Le rythme du Mystère de la main rouge est accéléré et les ellipses déstabilisantes, tellement qu’il arrive que le bédéphile a l’impression d’avoir sauté une page. Au final, l’ensemble apparaît décousu et la lecture se montre par moments laborieuse. Le héros semble du reste décontenancé par ces forces qui le dépassent et sur lesquelles il a peu d’emprise. Ce personnage, jeune journaliste fraichement débarqué à Paname, a pourtant du potentiel.
Avec son trait précis, Damien Jacob va à l’essentiel. Ses personnages, quoique rapidement exécutés, jouent juste ; l’artiste excelle d’ailleurs à traduire leurs émotions dans des regards expressifs. Il demeure toutefois regrettable que les décors soient limités, alors que ce sont les détails, parfois anodins, qui établissent la crédibilité d’un récit d’époque.
Cet album se lit comme un hommage aux feuilletonistes du XIXe siècle. Comprimer cinq cent pages en cent planches constitue toutefois un exercice périlleux. Le lecteur en ressort avec le sentiment d'avoir traversé la Révolution au grand galop.








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