C
e dimanche, 48,7 millions d’électeurs pourraient, en théorie, choisir leur maire. Et rebelote le dimanche suivant en cas de second tour. En théorie seulement : dans 68% des communes, une seule liste est en lice, et il suffit alors d’une voix pour l’emporter, les bulletins blancs et nuls n’étant pas pris en compte.
À Saudemont, dans les Hauts-de-France, de suspens, il n’y aura pas. Ce bourg de moins de 500 habitants reconduira vraisemblablement son maire sortant, à la tête de l’unique liste en présence pour les municipales de mars 2026.
C’est dans ce contexte qu’intervient Le petit maire (de) Laurent Turpin. L’auteur, solidement ancré dans son territoire, y retrace son chemin jusqu’à la mairie et raconte son quotidien d’élu. Le récit, d’une limpidité exemplaire, met les relations humaines au premier plan, au-dessus même des satisfactions liées à la mission, plus générale, « d’œuvrer pour le bien commun ».
Tout n'est pas repeint en rose bonbon pour autant, ce qui jurerait avec l'élégante bichromie grise bleutée ambiante. La gamme des dossiers à traiter est immense, et l’édile se heurte aux lourdeurs administratives comme aux contraintes budgétaires. Pas de révélations explosives, pas de rivalités venimeuses, pas de scandale retentissant : le livre choisit la sobriété.
Le ton, les touches d’humour et le dessin d’Olivier Berlion, d’une clarté parfaitement accordée au propos, dressent le portrait d’un personnage profondément bonhomme. On n’est jamais très loin de la carte postale, ni du souvenir de Bonjour Monsieur le Maire, récemment exhumée des archives radiophoniques. Mais loin de faire sourciller, cette simplicité fait tout le charme de l’album.

















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