C
écile est une jeune femme « éprise de justice et de liberté ». Fille du procureur de la République d’Orléans, elle souhaite endosser la robe de magistrat une fois ses études finies. Malheureusement, les faits se passent en 1851 et cette charge lui est interdite, par la loi ! Flanquée d'un pianiste en tournée rencontré lors d’une soirée avinée, l’héroïne se laisse convaincre de partir aux Amériques, pour y accomplir ses rêves.
La BD de Walter Guissard et Victor Coutard est virevoltante, dès les premières pages et jusqu’à la conclusion, la moindre action fournissant l’occasion d’éclater la planche. Cécile court, saute, tire, frappe, crie… Chaque choix de mise en scène est réfléchi et cohérent avec ce qui est raconté, rendant la lecture variée et toujours fluide. Mention spéciale aux scènes de transports, le voyage en bateau donnant la nausée aux cases.
Cette vivacité de tous les instants sert un récit intelligent qui aborde un grand thème, l’idéal du droit. Ce sujet est vaste et permet d’aborder à la fois la place des femmes, la possibilité de se défendre, la peine de mort, etc. C’est le moteur du récit et ce liant est instillé avec logique dans les évènements, sans caricature. Pour ce faire, les personnages secondaires apportent un contrepoint aux idéaux portés par la voix et les actions de Cécile. L’album se referme sur deux pages de vulgarisation, à l’image d’un Lucky Luke.
Cécile la shérif est un excellent divertissement qui n’oublie pas d’être intelligent. Ce livre rappelle que la justice est difficile à atteindre, et parfois tout simplement à défendre, mais qu’elle est indispensable pour garantir une société équitable.

















100 caractères pour une histoire pas palpitante, ça fait beaucoup de caractères, dessin je suis pas rentré dedans, l'histoire non plus. Après ce sont les gouts et les couleurs! mais ça fait un peu cher pour une déception!
Quand j’ai feuilleté cette bd, j’ai d'abord été un peu déconcerté par le graphisme, même si ma bdthèque et mes lectures m’ont fait côtoyé les mondes oniriques de Druillet, Barbarella de Forest, la langouste ne passera pas de Jean Yanne, Pravda de Guy Pellaert. ..Je me suis donc plongé dans la lecture et très vite, le côté pop art et ambiance psychédélique fin sixties, amenés par le cadrage, la composition, les aplats de couleur, m’ont séduit. La technique utilisée pour les fonds et décors m’a fait penser à du découpage/collage de papier de couleur (type mi-teinte Canson), on repère bien sûr aussi des clins d’œil à quelques films connus, la planche de la page 83 me rappelle certaines affiches des grands festivals des sixties/seventies, avec les Doors, Pink Floyd, Grateful dead, Jefferson Airplane… Une très agréable surprise pour cette première œuvre de Walter Guissard au dessin et Coutard Victor pour le scénario.
Excellent ! L'histoire de cette jouvencelle forte tête et effrontée est tout bonnement jubilatoire, avec en filigrane plusieurs réflexions pertinentes sur les concepts de justice, de droit et de morale. Le scénario est truffé de personnages hauts-en-couleurs et de plusieurs rebondissements inattendus et bienvenus.
L'ensemble est illustré par un dessin expressionniste des plus originaux qui personnellement me plaît beaucoup et qui participe de belle manière à l'atmosphère échevelée de cette rocambolesque aventure.
Une histoire digne d'un thriller! Sujet très actuel avec plus d'un rebondissement. On se laisse voyager avec le style graphique de l'auteur et ses atmosphères colorées. Une très belle première bande dessinée, je ne manquerai pas de suivre les prochaines sorties des auteurs.