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eter a rempli sa mission, il revient à la Tour pour être payé, normal. Un contrat, c’est un contrat et s’il y a eu de la casse et qu’il est le seul survivant, ce sont les risques du métier. Alors, pourquoi, tout le monde veut l’empêcher de régler son solde avec le Bibliothécaire ? Il a failli y rester et il faudrait qu’il se taise et reste dans son coin ? Des fois, trop, c’est trop et gare à ceux qui se mettent sur son chemin.
Récit d’heroic fantasy pur et dur, Deter ne fait pas dans la dentelle. Amaury Düngen (Ion Mud) propose un scénario à l’os, dans lequel tant les personnages que les actions se succèdent en mode premier degré. Le «héros» veut ses pièces d’or et rien ne l’arrêtera. Pendant une bonne centaine de pages, il passe d’antichambre en salle de garde et massacre allégrement tous ceux qui ne l’entendent pas de la même oreille. Graphiquement, le résultat est formidable, le dessinateur se fait plaisir et multiplie les actes de bravoure : grandes cases fourmillant de détails, créatures plus vraies que nature et scènes de baston à gogo. Le dernier quart de l’album tente de proposer un semblant de rebondissement narratif. Malheureusement, c’est un peu tard et les explications ne s’avèrent guère passionnantes et passablement alambiquées.
Histoire de niche réservée aux rôlistes ? Étrange exercice de style façon Mildiou en sérieux et réaliste ? Deter se pose là, impressionne un instant par la virtuosité de son trait, mais laisse rapidement pantois, particulièrement à cause du côté mécanique de son développement dramatique. Au moins, les lecteurs sont avertis : un Logaï ne plaisante jamais, tape toujours en premier et fort.

















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