L
e printemps 1789 touche à sa fin. Le climat social est explosif. La révolte gronde. Dans une telle atmosphère, qui prêterait attention à un fait divers, même des plus étranges ? Dans les jardins du Luxembourg, deux hommes sont retrouvés morts : l’un décapité, l’autre égorgé par un loup. Le journaliste Gabriel Joly est convaincu que cette affaire dissimule un mystère qu'il compte bien élucider. Il décide donc de mener l’enquête.
En adaptant le premier tome de la série romanesque d’Henri Loevenbruck, Philippe Thirault dispose d’un matériau particulièrement riche. Le contexte historique offre mille possibilités et permet de convoquer des figures authentiques telles qu’Olympe de Gouges, Danton ou Camille Desmoulins. Les tueurs en série promettent toujours une intrigue palpitante. Quant au Paris pré‑révolutionnaire, il regorge de décors variés, propices à renouveler l’atmosphère à chaque scène. Le héros, évoquant à la fois Tintin et Rouletabille, est d’ailleurs plutôt bien campé. L’ensemble est mis en images efficacement par Damien Jacob. Il ne s'embarrasse pas de fioritures inutiles, privilégiant un style semi-réaliste classique et maîtrisé.
Cependant, passé une mise en place séduisante, le récit se heurte à un écueil classique. Le roman dont est tirée cette bande dessinée dépasse les six cents pages. Malgré la centaine de planches qui composent Le Loup des Cordeliers, la dernière partie semble menée au pas de charge, les révélations s’enchaînent de manière un peu trop mécanique. Faire coexister les différentes intrigues pour aboutir à une conclusion cohérente relève d’un exercice d’équilibriste quasiment impossible. Le dernier quart du scénario souffre d'une brusque accélération de rythme, indispensable pour aborder toutes les péripéties. La conclusion (qui n'en est pas vraiment une puisque l'histoire se poursuit dans Le mystère de la main rouge) n’en apparaît que plus frustrante, d’autant que l'entrée en matière se révélait franchement divertissante.








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