I
da vit sur Valhanna, une île recouverte de glace. Enfant, elle a été blessée par une stalagmite et en porte encore la marque maudite. Depuis peu, cette cicatrice la fait terriblement souffrir. Apprenant que les Vallons, un peuple légendaire vivant dans le Nord, pourraient l’aider, la jeune fille part de nuit afin de trouver leur village. Mille dangers l’attendent dans la forêt, ainsi que Fox, le vieux trappeur, et le jeune Aïko, deux alliés précieux pour mener sa quête jusqu’au bout.
Pour sa première bande dessinée, éditée chez les Humanoïdes Associés, Lola Koenig transporte les lecteurs jusque dans une contrée nordique qui n’est pas sans rappeler la Laponie. Là, elle plante un décor enneigé où l’hiver paraît éternel et déploie un récit initiatique agrémenté d’un zeste de magie. Les références au célèbre conte d’Hans Christian Andersen, aux cultures vikings et samis, sont évidentes ; de même, l’explication de l’alternance des saisons et les relations délicates entre l’Humanité et la Nature trouvent un écho dans d’autres mythes et histoires peuvent avoir inspiré l’artiste. Cependant, La Déesse des neiges possède sa propre touche d’originalité. Ainsi, l’héroïne choisit de prendre son destin en main et bien qu’assez pessimiste au début, de ne pas laisser la malédiction l’abattre sans relever le défi. Elle trouve en Fox et Aïko deux appuis qui se complètent : l’un porte le poids d’une erreur ancienne ; l’autre est à l’écoute des entités surnaturelles que croisent le trio.
Le périple est rythmé par les diverses embûches ou rencontres qui le jalonnent : de brigands en guerrier-vitrail s’animant soudain, de dieu de la forêt en serpent des eaux glacées, jusqu’à l’antre de la supposée responsable des malheurs, les adversaires ne manquent pas et révèlent la voie à suivre : celle du courage, évidemment, mais aussi de l’entraide et de la compassion. Car, finalement, la résolution vient quand la colère s’éteint et que le cœur s’apaise dans l’acceptation.
Enfin, le graphisme au trait arrondi rend la lecture agréable. Expressif et semi-caricatural, il souligne les émotions des personnages évoluant dans des planches aérées et au découpage fluide. Bien qu’il puisse paraître simple, il parvient à restituer les vastes étendues enneigées aussi bien que la chaleur d’un feu sous la tente. De même, animaux et créatures retiennent l’attention. Quant au mal qui ronge Ida, sa progression est rendue habilement.
Assumant ses influences, La déesse des neiges se révèle être un joli conte rafraichissant, dotée d’une morale bienveillante et inspirante. À lire dès 8 ans.








Poster un avis sur cet album