I
l pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille… sauf pour Petit Poilu.
Dans Petit Poilu – Tome 32 : De briques et de blocs, Céline Fraipont et Pierre Bailly envoient leur héros se faire rincer dans une forêt aussi accueillante qu’un lundi matin pluvieux. Prisonnier d’une goutte d’eau géante, le voilà catapulté dans un sous-bois détrempé où chaque abri potentiel ressemble davantage à un piège à humidité qu’à un havre douillet.
Claude le castor propose son barrage : ambiance hammam, très peu pour lui.
Marguerite la taupe ouvre son trou : version sous-sol sans aération.
Mimine la fourmi suggère la colocation : mille habitantes au compteur, dossier refusé.
À force de galoper sous l’orage, le petit aventurier comprend que compter sur les autres, c’est bien… mais bâtir à sa manière, c’est mieux. Sous les éclairs, une idée jaillit : puisqu’aucun toit ne lui convient, autant sortir les matériaux et laisser parler l’inventivité et faire chauffer l’imagination. Quand la météo fait grise mine, l’ingéniosité, elle, ne prend pas l’eau.
Comme toujours dans la série, le récit se passe de mots et parle directement aux neurones et au cœur. Construction, débrouille, entraide : derrière la cavalcade trempée se cache une réflexion maline sur l’autonomie et la solidarité. Car si Petit Poilu cherche un refuge, il finit aussi par penser à Jojo le hérisson, roulé en boule sous les feuilles. Se construire un nid, c’est bien ; tendre une branche à plus piquant que soi, c’est encore mieux.
Graphiquement, Pierre Bailly joue la carte de la lisibilité jubilatoire. Couleurs franches, silhouettes rondes, décors expressifs : chaque case claque comme une flaque sous une botte. La pluie devient personnage à part entière, le tonnerre fait trembler les planches, et l’énergie du héros dynamise l’ensemble. L’univers garde ce charme immédiat qui permet aux plus jeunes de plonger dans l’histoire sans bouée ni parapluie.
Sous ses airs de promenade arrosée, De briques et de blocs délivre un petit message qui fait grandir d’un poil : créer, essayer, rater, recommencer… et parfois construire plus grand que soi. Une cabane d’idées pour apprentis architectes en culottes courtes et bâtisseurs de demain.








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