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jolan a écrit:La Vie de Plaisir – Albert VALENTIN – 1944
Nous découvrons d'abord la romance entre François, fils de grands bourgeois, et Aline, la petite danseuse de cabaret. Romance qui à l'évidence aura bien du mal à trouver sa place du côté de la famille de François, engoncée dans son aristocratie et ses traditions, ses valeurs bourgeoises et religieuses, son étiquette multi-séculaire. Romance qui permet ensuite à Maulette (Albert Préjean), le directeur dudit cabaret, de rencontrer et de tomber immédiatement amoureux (avec ses regards à peine insistants au cas où on n'aurait pas compris) d'Hélène, la sœur de son jeune ami flambeur, promise au comte Roger de Boieldieu, un vieil ami de son père, menacé tout comme lui de ruine avec leurs affaires pétrolières aux Amériques.
S'ensuit toute une négociation et une combine pour finalement arriver à leur mariage (Maulette renonce à diriger son cabaret et sa fortune lui permet d'obtenir le droit d'épouser la jeune femme, et les faveurs de sa famille, remise à flot grâce à ses millions, mais faveurs au rabais s'agissant toutefois d'un personnage évoluant dans le stupre et la "vie de plaisir" tellement nuisible aux bonnes mœurs). Le mariage de François et Aline quant à lui est absolument et inévitablement inenvisageable.
Tout ceci provoque un beau renversement des valeurs, montré d'une manière ironique et des plus pertinentes lors de la scène avec l'évêque de la famille qui tient conseil, lorsque François vient plaider sa cause auprès de sa famille. Dialogues savoureux de Charles Spaak (le père de qui on sait), entre les sarcasmes concernant l'aristocratie et les allusions ironiques sur la religion qui seule sait ce qui est le Bien et le Mal et seul sait accepter les erreurs et remettre les brebis égarées dans le droit chemin ("pardonne-leur"), quitte à user de mauvaise foi.
Le film se déploie sur sa deuxième moitié en deux parties, avec une narration en flashbacks, les deux versions lors du procès du divorce : celle de la famille d'Hélène, qui fait tout pour obtenir le divorce avec tous les torts pour Maulette. Et ensuite la version présentée par Noël Roquevert qui défend Mollet, et qui s'avère être bien évidemment la version la plus proche de la réalité. Où l'on découvrira in fine qu'il aura toujours fait preuve d'une "noblesse qui vaut bien celle des coureurs de biches et de tireurs de pigeons".
Au final, un film désuet, donc non dénué de charme, c'est du 1942 dans toute sa splendeur, un peu niais et naïf, mais avec une histoire qui s'avère plus intéressante que je ne l'imaginais. Rien d'exceptionnel, mais un bon moment, d'autant que le personnage de Maulette est le seul qui soit vraiment juste et humain (avec son fidèle majordome, Gaston, joué par Yves Deniaud, le tambour de ville dans "Knock", que j'ai pris plaisir à revoir). Pas trouvé la petite Claude Génia trop bien dans ce rôle qui devait être plus solaire, et un peu moins sujette des manigances et de la duperie de sa famille.
Mais un film plaisant.
9/20

Quand à votre bénédiction, mon oncle, je m'en passerai, puisque vous la réservez à vos chiens.

Funkyyy a écrit:C'est moi ou quasiment tous les films français (que vous visionnez) de cette époque parlent de classes sociales ?
L'épicentre, ce serait certainement la Règle du jeu.
Non pas que ce soit un sujet intéressant, m'enfin y'a d'autres thèmes.



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