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* * * Ciné-Club 137 : La Vie de Plaisir (Valentin 44) * * *

La politique, la musique, le cinéma, les jeux vidéos et la culture en général lorsqu'elle ne traite pas directement de bande dessinée

Re: * * * Ciné-Club 136 "Sweet Smell of Success" (1957) * * *

Messagede jolan » 08/06/2026 21:33

Message précédent :
Lumière d'été (Grémillon) = 3 pts
La Vie de plaisir (A. Valentin) = 2 pts
Douce (Autant-Lara) = 1 pt
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Re: * * * Ciné-Club 136 "Sweet Smell of Success" (1957) * * *

Messagede lobo » 09/06/2026 10:58

L'Assassin habite au 21 (Clouzot) : 3 points
Le Corbeau (Clouzot) : 2 points
Lumière d'été (Grémillon) : 1 point
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Re: * * * Ciné-Club 136 "Sweet Smell of Success" (1957) * * *

Messagede jolan » 10/06/2026 00:09

Ce qui nous donne, pour l'instant :

Lettres d'Amour (Autant Lara) = 1
L'Assassin habite au 21 (Clouzot) = 3
Macao, l'enfer du jeu (Delannoy) = 1
Le Corbeau (Clouzot) = 2
Lumière d'été (Grémillon) = 6
Douce (Autant-Lara) = 1
La Vie de plaisir (A. Valentin) = 8
Les Enfants du Paradis (Carné) = 2
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Re: * * * Ciné-Club 136 "Sweet Smell of Success" (1957) * * *

Messagede lobo » 11/06/2026 11:03

So ? Sergent ?
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Re: * * * Ciné-Club 136 "Sweet Smell of Success" (1957) * * *

Messagede sergent latrique » 11/06/2026 12:31

Salut les cinéphiles, je suis désolé, en retard partout. J'ai pas encore fini le film A smell of succes, promis, ça sera fait pour samedi, même si c'est tard pour le vote.
Pour la séance qui suit mes votes, je sélectionne ceux que je n'ai pas vu ou pas vu depuis longtemps:

Macao, l'enfer du jeu (Delannoy) 3pts
La Vie de plaisir (A. Valentin) 2 pts
Lumière d'été (Grémillon) 1 pt
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Re: * * * Ciné-Club 136 "Sweet Smell of Success" (1957) * * *

Messagede jolan » 11/06/2026 20:17

Ce qui nous donne, pour l'instant :

Lettres d'Amour (Autant Lara) = 1
L'Assassin habite au 21 (Clouzot) = 3
Macao, l'enfer du jeu (Delannoy) = 4
Le Corbeau (Clouzot) = 2
Lumière d'été (Grémillon) = 7
Douce (Autant-Lara) = 1
La Vie de plaisir (A. Valentin) = 10
Les Enfants du Paradis (Carné) = 2
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Re: * * * Ciné-Club 136 "Sweet Smell of Success" (1957) * * *

Messagede sergent latrique » 13/06/2026 23:59

Sweet smell of success 1957 (Le grand chantage) Alexander Mackendrick

Tous les ingrédients sont réunis pour faire de Sweet smell of success un chef d'oeuvre de film noir et psychologique, un thème sérieux, de bons acteurs, des images en noir et blanc bien maitrisées, enfin la recette parait bonne,
et pourtant comme le gâteau qui ne monte pas, j'ai eu l'impression que cela non fonctionnait pas vraiment, surtout dans la première partie.

Burst Lancaster, décidémment un grand acteur, incarne JJ Hunsecker, homme influent des médias, éditorialiste lu par 60 millions de lecteurs américains (il le dit lui même) , mais également monstre froid et calculateur dégageant une véritable force qui fait plier les autres.
Il ne supporte pas la contradiction et derrière cette façade d'homme brut cache une sorte de faille et de fragilité dans une relation ambiguë avec sa jeune sœur qu'il surprotège. La jeune Susan (dans le film comme à la ville) est en quelques sorte une des clefs de la psychologie de JJ. Son portrait-photo est sur le bureau du boss, elle est interdite de toute action sans son consentement et surtout de fréquenter ce jeune guitariste de jazz par qui constitue le fil du récit.
Curtis, Sydney Falco, est un de ces agents de presse, à la réputation sulfureuse et qui louvoie dans tous les milieux pourvu qu'il obtienne une reconnaissance et enfin le succès qu'il recherche à tout prix.
C'est le fourbe par excellence prêt à toute les compromissions pour obtenir sa chronique et le succès à l'aide de JJ Hunsecker.
En intrigant pourri, hypocrite et cynique, il va par tous les moyens chercher à compromettre l'amoureux de la jeune Susan.
En résumé de ces basses besognes, chantages , renoncements et manœuvres viles, comme jeter dans les bras d'un journaliste influent, le jaune vendeuse de cigarette.

Donc, cette première partie du film avec les manoeuvres entre Sydney, JJ, Elwell, m'ont paru assez alambiquées.
La scène au théâtre qui débute avec une réconciliation feinte et le revirement des attitudes pour que la jeune Susan quitte Steve Dallas est à la fois subtile et trop parfaitement calculée. Le couple Steve-Susan parait le seul à être pur dans ce monde désenchantée, et cette relation dérange beaucoup de monde en premier JJ .

La tension psychologique monte en niveau vers la fin du film avec cette confrontation entre JJ et sa soeur qui' n'avait jamais pu réellement avoir lieu.
Techniquement, la beauté des images en noir et blanc, en nocturne, dans les scènes de bar, ou dans la rue sont réussies mais j'ai quand même du mal à être complètement enthousiaste car le ressort de l'histoire me parait finalement assez futile et les relations entre les personnages, Falco et JJ Hunsecker, au fond des ennemis que l’intérêt rapproche. La jeune Susan Harrison, qui n'a pas fait une grande carrière au cinéma apporte la fraîcheur et le fragilité de ses 19 ans (son âge dans le film et dans la réalité)

14/20
Dernière édition par sergent latrique le 14/06/2026 00:06, édité 1 fois.
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Re: * * * Ciné-Club 136 "Sweet Smell of Success" (1957) * * *

Messagede sergent latrique » 14/06/2026 00:06

Je viens de lire vos chroniques, en fait je crois que ce qui m'a dérangé au début ce sont des dialogues un peu trop décalés ce que Loup solitaire qualifie de too much. Oui, c'est probablement ce début de récit qui n'est pas fluide à mon goût, mais qui se rattrape en seconde partie.
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Messagede jolan » 14/06/2026 05:15

Ce qui nous donne la belle note de

Séance 136 : Sweet Smell of Success (Mackendrick 1957) = 14,4
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Re: * * Ciné-Club 137 : films français durant l'Occupation * *

Messagede sergent latrique » 16/06/2026 21:49

Les votes sont clos pour la séance ?
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Re: * * Ciné-Club 137 : films français durant l'Occupation * *

Messagede jolan » 16/06/2026 23:35

Clos non, mais on a tous voté.

On attendait ta critique du film précédent (et d'éventuels nouveaux, comme d'hab) pour enchainer.

J'enverrai le film bientôt.
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Messagede jolan » 19/06/2026 02:41

Le voici :

[Révéler] Spoiler:
https://www.transfernow.net/dl/20260619OGmSjL84/7AeTCBc7
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Messagede lobo » 19/06/2026 12:31

Merci jolan encore une fois !
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Messagede sergent latrique » 19/06/2026 22:40

A nous la vie de plaisir !
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Messagede jolan » 01/07/2026 20:47

La Vie de Plaisir – Albert VALENTIN – 1944

Nous découvrons d'abord la romance entre François, fils de grands bourgeois, et Aline, la petite danseuse de cabaret. Romance qui à l'évidence aura bien du mal à trouver sa place du côté de la famille de François, engoncée dans son aristocratie et ses traditions, ses valeurs bourgeoises et religieuses, son étiquette multi-séculaire. Romance qui permet ensuite à Maulette (Albert Préjean), le directeur dudit cabaret, de rencontrer et de tomber immédiatement amoureux (avec ses regards à peine insistants au cas où on n'aurait pas compris) d'Hélène, la sœur de son jeune ami flambeur, promise au comte Roger de Boieldieu, un vieil ami de son père, menacé tout comme lui de ruine avec leurs affaires pétrolières aux Amériques.

S'ensuit toute une négociation et une combine pour finalement arriver à leur mariage (Maulette renonce à diriger son cabaret et sa fortune lui permet d'obtenir le droit d'épouser la jeune femme, et les faveurs de sa famille, remise à flot grâce à ses millions, mais faveurs au rabais s'agissant toutefois d'un personnage évoluant dans le stupre et la "vie de plaisir" tellement nuisible aux bonnes mœurs). Le mariage de François et Aline quant à lui est absolument et inévitablement inenvisageable.

Tout ceci provoque un beau renversement des valeurs, montré d'une manière ironique et des plus pertinentes lors de la scène avec l'évêque de la famille qui tient conseil, lorsque François vient plaider sa cause auprès de sa famille. Dialogues savoureux de Charles Spaak (le père de qui on sait), entre les sarcasmes concernant l'aristocratie et les allusions ironiques sur la religion qui seule sait ce qui est le Bien et le Mal et seul sait accepter les erreurs et remettre les brebis égarées dans le droit chemin ("pardonne-leur"), quitte à user de mauvaise foi.

Le film se déploie sur sa deuxième moitié en deux parties, avec une narration en flashbacks, les deux versions lors du procès du divorce : celle de la famille d'Hélène, qui fait tout pour obtenir le divorce avec tous les torts pour Maulette. Et ensuite la version présentée par Noël Roquevert qui défend Mollet, et qui s'avère être bien évidemment la version la plus proche de la réalité. Où l'on découvrira in fine qu'il aura toujours fait preuve d'une "noblesse qui vaut bien celle des coureurs de biches et de tireurs de pigeons".

Au final, un film désuet, donc non dénué de charme, c'est du 1942 dans toute sa splendeur, un peu niais et naïf, mais avec une histoire qui s'avère plus intéressante que je ne l'imaginais. Rien d'exceptionnel, mais un bon moment, d'autant que le personnage de Maulette est le seul qui soit vraiment juste et humain (avec son fidèle majordome, Gaston, joué par Yves Deniaud, le tambour de ville dans "Knock", que j'ai pris plaisir à revoir). Pas trouvé la petite Claude Génia trop bien dans ce rôle qui devait être plus solaire, et un peu moins sujette des manigances et de la duperie de sa famille.
Mais un film plaisant.

9/20
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Re: * * * Ciné-Club 137 : La Vie de Plaisir (Valentin 44) * * *

Messagede jolan » 10/07/2026 23:08

Le prochain à proposer une liste sera le Sergent sinon...

[:fantaroux:2]
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Re: * * Ciné-Club 137 : films français durant l'Occupation * *

Messagede Funkyyy » 11/07/2026 08:48

jolan a écrit:La Vie de Plaisir – Albert VALENTIN – 1944

Nous découvrons d'abord la romance entre François, fils de grands bourgeois, et Aline, la petite danseuse de cabaret. Romance qui à l'évidence aura bien du mal à trouver sa place du côté de la famille de François, engoncée dans son aristocratie et ses traditions, ses valeurs bourgeoises et religieuses, son étiquette multi-séculaire. Romance qui permet ensuite à Maulette (Albert Préjean), le directeur dudit cabaret, de rencontrer et de tomber immédiatement amoureux (avec ses regards à peine insistants au cas où on n'aurait pas compris) d'Hélène, la sœur de son jeune ami flambeur, promise au comte Roger de Boieldieu, un vieil ami de son père, menacé tout comme lui de ruine avec leurs affaires pétrolières aux Amériques.

S'ensuit toute une négociation et une combine pour finalement arriver à leur mariage (Maulette renonce à diriger son cabaret et sa fortune lui permet d'obtenir le droit d'épouser la jeune femme, et les faveurs de sa famille, remise à flot grâce à ses millions, mais faveurs au rabais s'agissant toutefois d'un personnage évoluant dans le stupre et la "vie de plaisir" tellement nuisible aux bonnes mœurs). Le mariage de François et Aline quant à lui est absolument et inévitablement inenvisageable.

Tout ceci provoque un beau renversement des valeurs, montré d'une manière ironique et des plus pertinentes lors de la scène avec l'évêque de la famille qui tient conseil, lorsque François vient plaider sa cause auprès de sa famille. Dialogues savoureux de Charles Spaak (le père de qui on sait), entre les sarcasmes concernant l'aristocratie et les allusions ironiques sur la religion qui seule sait ce qui est le Bien et le Mal et seul sait accepter les erreurs et remettre les brebis égarées dans le droit chemin ("pardonne-leur"), quitte à user de mauvaise foi.

Le film se déploie sur sa deuxième moitié en deux parties, avec une narration en flashbacks, les deux versions lors du procès du divorce : celle de la famille d'Hélène, qui fait tout pour obtenir le divorce avec tous les torts pour Maulette. Et ensuite la version présentée par Noël Roquevert qui défend Mollet, et qui s'avère être bien évidemment la version la plus proche de la réalité. Où l'on découvrira in fine qu'il aura toujours fait preuve d'une "noblesse qui vaut bien celle des coureurs de biches et de tireurs de pigeons".

Au final, un film désuet, donc non dénué de charme, c'est du 1942 dans toute sa splendeur, un peu niais et naïf, mais avec une histoire qui s'avère plus intéressante que je ne l'imaginais. Rien d'exceptionnel, mais un bon moment, d'autant que le personnage de Maulette est le seul qui soit vraiment juste et humain (avec son fidèle majordome, Gaston, joué par Yves Deniaud, le tambour de ville dans "Knock", que j'ai pris plaisir à revoir). Pas trouvé la petite Claude Génia trop bien dans ce rôle qui devait être plus solaire, et un peu moins sujette des manigances et de la duperie de sa famille.
Mais un film plaisant.

9/20


C'est moi ou quasiment tous les films français (que vous visionnez) de cette époque parlent de classes sociales ?

L'épicentre, ce serait certainement la Règle du jeu.

Non pas que ce soit un sujet intéressant, m'enfin y'a d'autres thèmes. ;)
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Re: * * * Ciné-Club 137 : La Vie de Plaisir (Valentin 44) * * *

Messagede Loup Solitaire » 11/07/2026 15:22

La vie de plaisir, tourné en 43 et sorti début 44, est l'oeuvre d'Albert Valentin, réalisateur belge qui a tourné une dizaine de films en France. Il en est également le scénariste, accompagné pour les dialogues de Charles Spaak. Le film est produit par la Continental (un des derniers avant la Libération).

J'avais adoré mon premier visionnage, et si au second j'ai relevé davantage de défauts, il n'en reste pas moins une oeuvre passionnante.

Le film débute par une scène de procès suivie d'un premier long flash-back qui va nous présenter les personnages et les événements ayant amené à cette demande de divorce entre Albert Maulette et sa femme Hélène de Lormel.
Elle (Claude Génia, qui n'a pas une carrière exceptionnelle, mis à part la Ferme des sept pêchés et un rôle secondaire dans la vérité sur Bébé Donge) est la plus jeune fille d'une famille de la très haute bourgeoisie parisienne, promise à un autre "de quelque chose", qui va rencontrer Maulette (Albert Préjean), propriétaire de la boîte de nuit la vie de plaisir qui donne son titre au film, et l'épouser.

Pour commencer par les points que j'ai moins aimé, et en passant sur la copie que je possède (le DVD Gaumont collection rouge) et qui mériterait une restauration. :
- le film met un peu de temps à débuter vraiment et se montre un poil poussif dans son premier tiers, très correct mais sans plus, jusqu'au point de bascule qu'est à mon sens la partie de chasse.
- l'interprétation n'est pas folle, surtout Claude Génia, qui déjà de base un rôle passif mais qui ne le transcende pas. Préjean est pas mal, sans plus
- la toute fin affadit un peu le film

Pour le positif maintenant, le film passe au vitriol les valeurs de la haute bourgeoisie, en exposant au grand jour les hypocrisies de tout ce joli (ou moins joli) monde, un véritable bal des faux-c... , où les Lormel crachent sur ce que représente Maulette (mais veulent bien de son argent qui les sauvent de la ruine dues à des affaires - ou des malversations financières plus probablement), où exploiter du pétrole est plus noble que servir du champagne.
Ou un père pousse pratiquement dans le lit d'un autre sa fille, ou un fils escroque son beau frère,...

Je reviens sur la scène de chasse à courre, avec cette séquence hallucinante où un évêque bénit les chiens avant de recevoir l'allégeance du reste de la famille. Et lorsque le fils cadet, le seul élément correct de la bande, demande de l'aide pour la jeune femme qu'il aime et qui est enceinte de lui, non seulement on la lui refuse, mais avec un brutalité et un mépris écoeurant, qu'il s'agisse de son propre père ou de son oncle l'évêque, ce qui vaudra cette réplique mémorable :
Quand à votre bénédiction, mon oncle, je m'en passerai, puisque vous la réservez à vos chiens.


Maulette se montre dans le film un personnage profondément humain, loin d'être parfait, mais un honnête homme, attachant.

Pour la vigueur de sa critique, surtout pour l'époque, le film mérite à mon sens d'être vu. Il n'aurait sans doute pas pu sortir en l'état ailleurs qu'à la Continental (je dis peut être une grosse bêtise, mais il me semble que leurs films n'étaient pas soumis à la censure de Vichy - même s'ils avaient la leur).
Le film a connu un sort semblable au Corbeau à la libération, tout comme Albert Valentin. Mais à la différence de Clouzot, il ne s'en remettra pas et ne fera pas grand chose de valable (de ce que j'ai vu) durant les 25 ans qui suivirent.

Malgré ses défauts, un fort bon film.
Ma note : 14.5/20
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Messagede jolan » 11/07/2026 18:52

Funkyyy a écrit:C'est moi ou quasiment tous les films français (que vous visionnez) de cette époque parlent de classes sociales ?

L'épicentre, ce serait certainement la Règle du jeu.

Non pas que ce soit un sujet intéressant, m'enfin y'a d'autres thèmes. ;)


Il y a toujours eu tous les thèmes, de tous temps.

Bien avant le cinéma, dans le théâtre, l'opéra, les romans, c'est ce qui permet de consolider des trames de tous genres (satire, romance, polars, westerns, comédie musicale) et des caractères bien distincts, soit en opposition, soit qui cherchent à s'accorder.

N'hésite pas à te joindre à nous pour visionner des films sur d'autres thèmes.

Le nouvel inscrit à le droit suprême de proposer sa liste ;)
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Re: * * * Ciné-Club 137 : La Vie de Plaisir (Valentin 44) * * *

Messagede sergent latrique » 13/07/2026 19:08

La vie de plaisir (1944).
Spontanément, je dirais presque un film oublié d'un réalisateur oublié sauf des rats de cinémathèque.
Un procès autour d'un divorce mondain, entre elle, jeune fille issue de la haute bourgeoisie et lui, directeur de boite de nuit, à qui la fortune a réussi grâce à son cabaret "La vie de plaisir" où viennent s'encanailler les riches bourgeois et l'élite parisienne encore coincée dans un ersatz de belle époque (Champagne, caviar, femmes légères et petites danseuses )

Albert Maulette est joué par Albert Préjean, star de l'époque, les autres acteurs étant pour la plupart des seconds rôles oubliés depuis exceptés quelques-uns comme Noël Roquevert, Yves Deniaud ou Jean Servais et donnent du relief à ces personnages entre le monde de la haute et les classes populaires.
Autant dire tout de suite que la première partie, disons les vingt première minutes m'ont semblées très rigides, théâtrales, assez mal jouées par moment et sans originalité. L'intérêt n'arrive que plus tard, alors qu'on accuse Maulette d'avoir brisé son ménage, et que le visage méprisable de famille de la très chère Hélène de Lormel, apparait enfin dans toute son hypocrisie et sa suffisance. Cette caste hautaine et imbue de ses privilèges pue le mépris de classe rance. On découvre que le père a accepté de marier sa fille contre le sauvetage de sa fortune et cependant il n'aura de cesse de saborder l'union de celle-ci en semant le trouble avec l'ancien prétendant d'Helène, le très arrogant Comte de Boieldieu, fiancé mondain et véritable tête à claques. Le visage de cette famille dont l'atmosphère devient de plus en plus étouffante pour Maulette se dévoile une fois les omissions levées lors du procès.
Tout cela est un peu téléguidé et se termine heureusement, là où la réalité des situations étaient moins riantes.
Film tourné pendant l'occupation, où les spectateurs cherchaient surtout l'évasion d'un quotidien sombre. La critique de l'église et de la haute bourgeoisie est assez féroce en particulier lors de la chasse à courre, du tir aux pigeons et de toutes les activités de ces riches oisifs.

Côté acteur, Albert Préjean, est une vedette d'avant guerre et un bon acteur, qui contrairement à Gabin n'a pu retrouver une carrière après la guerre, il ne tournera plus beaucoup ensuite.
J'ai lu que ce film a été condamné à la fois par le régime de Vichy et interdit à la libération (faut le faire !) et qu'Labert Valentin sera interdit de studios pendant plusieurs années après la guerre.

Ma note 12/20

J'ai eu beaucoup de mal a trouver un moment pour voir le film, étant aspiré depuis ces dernières semaines dans un tourbillon de travail de déplacements nombreux. Bon, j'ai pu voir le film hier soir . Ouf !
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Re: * * * Ciné-Club 137 : La Vie de Plaisir (Valentin 44) * * *

Messagede sergent latrique » 13/07/2026 19:12

un nouveau membre Funkyyy avec trois y ?

Je peux vous mettre une liste d'ici ce soir sauf si Fynkyy est plus rapide, je vais d'abord lire vos critiques.
En fait, pour la Vie de plaisir, je m'attendais à un film léger, comédie romantique avant que ça vire à la critique sociale.
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