Sorties le 28 août.
récits courts.
Pensionnaires - Gomont

Jane dans les nuages - Jordi Lafebvre




les oranges amères - Javy Rey

Figures imposées -Sowa, Buenoa













Vacom a écrit:Curieux de voir ça![]()
Un petit air de collection 32 chez Futuro, sauf que c'est du One Shot

À l'origine êtres doubles et dotés d'une force colossale, les humains avaient la fâcheuse tendance d'exaspérer Zeus en réclamant toujours plus de pouvoir. Comme les dieux avaient encore besoin des mortels les idolâtrer et pour leur bâtir des temples, hors de question de les tuer. Mais les couper en deux, telles des oranges, pourquoi pas ! Puis, par l'entremise de l'Amour, les pousser à être en perpétuelle recherche de leur « complétude originelle ».... Cette théorie, déclamée par l'Aristophane de, Platon dans Le Banquet, oeuvre dans laquelle le philosophe tente de transmettre sa vision de l'amour à travers plusieurs discours, a fondé notre culture et ce sentiment d'être amputé, ce besoin de trouver son âme soeur. Qu'en pense Elena, nouvelle étudiante à la faculté, cheveux ultracourts et musique dans les oreilles dès la sortie de l'amphi ? Mario, son fiancé, rencontré au lycée, était-il son âme soeur ? Elle aussi est coupée en deux, mais plutôt entre la sensation de vivre enfin sa vie et une peur immense...
Quel plaisir de retrouver les couleurs et le dessin délicat de Javi Rey dans ce court album de la nouvelle collection « Intermezzo » ! Après avoir illustré avec grand talent des histoires vraies (Violette Morris, Un maillot pour l'Algérie) et des adaptations d'oeuvres littéraires, dont, dernièrement le beau Barrio Negro de Simenon avec José-Louis Bocquet, il poursuit son exploration tendre et subtile des grands passages de la vie. On l'appelait Bebeto traversait la fin de l'enfance et le début de l'adolescence. Ici, dans Les Oranges amères, nous suivons Elena et ses premiers pas dans la vie d'adulte...

Jane Ground est une jeune femme d'une vingtaine d'années particulièrement intrépide, qui décide de quitter ses vertes prairies britanniques pour s'envoler en montgolfière. Pas si extraordinaire que ça, me direz-vous... Sauf que nous sommes au début du 19e siècle, et que Jane est atteinte de narcolepsie ! En s'endormant à tout bout de champ, Jane a déjà renversé du chocolat brûlant sur des invitées distinguées, et vexé un prétendant à un rendez-vous. Mais les conséquences de sa pathologie risquent d'être autrement plus importantes à plusieurs centaines de mètres du sol. Comme pour ses précédentes et nombreuses idées, ses parents n'ont d'autre choix que de la laisser faire, tout en la confiant à son ami d'enfance Timothy, et un petit peu aux bons soins de Dieu tout-puissant quand même... Si Jane est madame Trop-de-Rêves, Timothy est mister Maybe : incapable de prendre la moindre décision – beurre ou confiture, fiancé ou fiancée –, suivre Jane simplifie bien sa vie. Mais sa camarade semble avoir d'avantage d'ambitions pour leur duo, d'autant plus qu'elle est persuadée que ses rêves inspirent les gens. Peut-être est-il temps de penser à leur guérison mutuelle... Mais avant tout cela, Jane doit parvenir à piloter cet engin bizarre en plein orage. Jane ? Jane ? Zzz...
Jordi Lafebre profite de cette parenthèse de création offerte par la nouvelle collection « Intermezzo » pour quitter notre époque contemporaine et Barcelone. Ses personnages, son dessin, son sens du dialogue sont tout aussi irrésistibles dans l'Angleterre du 19e et en 32 pages !

Marilou est une jeune femme de son époque enfin, d'une époque charnière, juste avant que Me Too ne vienne fissurer la façade. Elle lit, elle s'informe, elle se forge une conscience féministe. Mais autour d'elle, l'ordre social tient bon : plaire reste une injonction, presque une compétence attendue.
Ce week-end, elle quitte le baby-sitting, cette économie discrète qui repose si bien sur les étudiantes, pour endosser un autre uniforme : celui d'hôtesse d'accueil. Direction la demeure de la Veuve Rousseau, où l'on célèbre les 250 ans d'un champagne de prestige. Une femme comme figure de marque, une pionnière érigée en symbole. Mais ce n'est pas parce que les bouteilles affichent le nom de cette féministe avant l'heure que la soirée échappera aux vieux réflexes. Car sous le vernis, la trame est solide. Derrière l'hommage, les hiérarchies persistent. Les femmes servent, accueillent, sourient ; les hommes circulent, consomment, disposent. Rien n'est gagné, surtout pas pour Marilou et ses collègues. À force d'habitude, il devient difficile de dire où commence l'inacceptable.
La nouvelle collection « Intermezzo » offre aux autrices et auteurs une parenthèse de création, la possibilité de proposer des récits courts et condensés de 32 pages. Ici, avec la très talentueuse dessinatrice espagnole Cristina Bueno, la scénariste Marzena Sowa déploie à nouveau tout son talent pour lier intime et société comme elle avait déjà su le faire dans Marzi, Hey Djo ! ou encore Petit Pays.

Marilou est une jeune femme de son époque enfin, d'une époque charnière, juste avant que Me Too ne vienne fissurer la façade. Elle lit, elle s'informe, elle se forge une conscience féministe. Mais autour d'elle, l'ordre social tient bon : plaire reste une injonction, presque une compétence attendue.
Ce week-end, elle quitte le baby-sitting, cette économie discrète qui repose si bien sur les étudiantes, pour endosser un autre uniforme : celui d'hôtesse d'accueil. Direction la demeure de la Veuve Rousseau, où l'on célèbre les 250 ans d'un champagne de prestige. Une femme comme figure de marque, une pionnière érigée en symbole. Mais ce n'est pas parce que les bouteilles affichent le nom de cette féministe avant l'heure que la soirée échappera aux vieux réflexes. Car sous le vernis, la trame est solide. Derrière l'hommage, les hiérarchies persistent. Les femmes servent, accueillent, sourient ; les hommes circulent, consomment, disposent. Rien n'est gagné, surtout pas pour Marilou et ses collègues. À force d'habitude, il devient difficile de dire où commence l'inacceptable.
La nouvelle collection « Intermezzo » offre aux autrices et auteurs une parenthèse de création, la possibilité de proposer des récits courts et condensés de 32 pages. Ici, avec la très talentueuse dessinatrice espagnole Cristina Bueno, la scénariste Marzena Sowa déploie à nouveau tout son talent pour lier intime et société comme elle avait déjà su le faire dans Marzi, Hey Djo ! ou encore Petit Pays.




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