de edgarmint » 30/05/2020 18:35
J'ai pris bien du plaisir à lire ce Pucelle, déjà pour cet espèce de flash-back, d'écho, que produisent en moi les bouquins qu'elle a commis et que j'ai lu, je pense notamment au joyeux diptyque Forever ma soeur / summer ; question d'époque, sans doute. Florence Dupré la Tour revient sur son enfance et les prémices de son adolescence. Il est question, en vrac, de la petite graine, du péché de chair, des premières règles ... bref, de tout ce qui tourne autour de la sexualité sans jamais prononcer son nom, le tout sur fond de religion, de domination masculine, de milieu social fortuné "blanc mais bronzé", vivant dans une sorte d'entre-soi propice à la pesanteur du secret et au développement de bien des théories sur la "chose" dans l'esprit d'une jeune fille tourmentée.
Florence Dupré la Tour excelle dans les enchaînements et les rapprochements qui font sens et, si elle ne ménage pas spécialement les siens, elle ne se loupe pas non plus, loin s'en faut, avec une bonne dose d'autodérision. Le dessin appuie tout ça, soulignant, pour ne pas dire exagérant volontiers le trait des sentiments. Bref, ça fonctionne bien, c'est fort drôle tout en ne manquant pas d'une certaine profondeur.
Ne lisant plus que peu de bandes dessinées depuis quelques années maintenant, ça me fait toujours plaisir d'en dégoter une à mon goût. Je me réjouis à l'avance de lire le prochain opus.