On dit souvent que pour faire une bonne bande dessinée on devrait réduire au maximum les dialogues pour laisser plus de place à l’image. C’est vrai, peut-être, mais réduire le texte réduit nécessairement le temps passé sur une planche. Et une planche qui se lit rapidement est une planche qui ne reste pas dans la mémoire.
C’est l’une des raisons pour lesquelles je n’aime pas trop le style manga. Les tankobons sont généralement très longs, mais on les lit rapidement comme un album européen ou américan. Les planches passent, sans avoir le temps d’être appréciées.
Une page de Herriman peut être très verbeuse. Mais, au-delà de l’extraordinaire richesse lexicale et des infinis jeux de mots, c’est une verbosité qui invite à la contemplation de la planche.

« La culture sert à faire connaître beaucoup de choses. Plus on connaît des choses, moins on accorde d'importance à chacune d'elles ; moins on sait des choses, plus on croit que seules celles-là existent. » (Alberto Savinio)