Les Indes Fourbes est un chef-d'oeuvre, et comme tout chef-d'oeuvre, il a ses détracteurs.
Le chef-d'oeuvre est d'abord graphique. L'expressivité du trait de Guarnido est connue de ses lecteurs (la frimousse de Weekly dans Blacksad en est la preuve), mais dans Les Indes Fourbes, il sublime son art, et les expressions de Pablos sont toutes plus savoureuses les unes que les autres. La mise en couleurs est admirable, et mon regard est souvent resté scotché sur une case, ou une planche, à admirer la lumière et les ombres.
Le chef-d'oeuvre est narratif. Tous les éléments ont leur importance, il ne faut passer à côté de rien, et même si
le fameux twist est éventé dès la fin du prologue, j'ai pris un grand plaisir à analyser le récit de Pablicos pour chercher les preuves de ma théorie
. Et que dire de la plume d'Ayroles... C'est agréable de lire un texte avec un vocabulaire aussi riche, des tournures de phrases réfléchies, et pas un énième scénario avec un vocabulaire plutôt pauvre. J'y retrouve en plus la coloration des romans picaresques, et pour ça, c'est parfait.
Et enfin, le livre est beau. La couverture est réussie
et a trahi la fin de l'histoire, à mn humble avis. Sans elle, je n'aurais deviné la fin qu'au début du livre II
, le papier est de qualité, le signet un agréable bonus.
A mes yeux, Les Indes Fourbes est une grande bande dessinée, que je prendrai un grand plaisir à relire. Et il me faudra lire, un de ces jours, El Buscón.