Le titre fait évidemment penser à la conquête de l'Angleterre par les Normands de Guillaume le conquérant. Et c'est un peu ça, mais la conquête a surtout lieu au début. Elle est un peu fade d'ailleurs car ce n'est pas ce qui intéresse vraiment les auteurs. Je note quand même une très belle planche (p. 6) sur la tempête affrontée par Timour et son ami Placide pour rejoindre Guillaume.
Mais c'est surtout un prétexte pour l'histoire qui intéresse vraiment Sirius : l'aide apportée à Cédric, un orphelin menacé par son oncle Edward. Timour a en effet promis de le protéger au père du premier, mortellement blessé lors de la bataille d'Hastings et qui l'avait épargné lors d'un combat précédent.
Globalement, cette seconde partie est très plaisante, à défaut d'être original. Timour est un héros très générique mais la sauce est relevée par l'amusant et costaud Placide, le téméraire Cédric et la fourberie et l'absence de scrupules d'Edward et de son sbire, Menvet (Guillaume est en revanche beaucoup trop naïf). Reste une fin trop facile et rapide qui gache un peu l'histoire avec
Timour qui fait l'aller-retour vers le château de Guillaume en à peine une nuit.
C'était (très) mauvais et pénible à lire. En grande partie pour les mêmes raisons que Timour gladiateur avec un côté cul-béni et prosélyte prononcé. L'histoire se passe peu avant puis pendant la première croisade, avec un discours en première page qui nous vante des expréditions justes face aux persécutions de l'islam et "un grand élan de foi (même entraînant des scories)". On n'a d'ailleurs pas de nuances sur les personnages musulmans, assez rares d'ailleurs et non développés. Leurs villes pourront donc être rasées par Timour sans que ça ne pose de problèmes.
On commence l'histoire à Boulogne où se promène Winhamar, un jeune garçon, que des pirates veulent enlever. Il parvient à s'enfuir avec l'aide de son ami Egide... mais décide finalement de rejoindre la galère du pirate Renmar, celui-ci ayant des informations sur ses origines (Whinamar s'appelle évidemment Timour).
En dehors du côté propagandiste, l'album a quelques rares qualités (Renmar est amusant dans le genre bourru, il y a une jolie page sur le pardon) mais surtout beaucoup de défauts et de facilités narratives : Renmar dit à Timour qu'il devra se méfier de certains de ses hommes mais il n'y a aucun conflit ensuite, Winhamar devient vite un meneur pour l'équipage alors qu'is'est engagé 2 pages avant (bon, il s'est passé du temps, mais on ne nous dit rien de ce que Timour a fait), il n'y a aucun antagoniste notable sur un temps un peu long et, à la fin, Timour remercie son compagnon de l'avoir sauvé alors qu'il n'a absolument rien fait.
Et donc, à la fin, Timour part l'épée au poing, prêt à prendre Jérusalem. Un petite citation de l'histoire anonyme de la 1ère croisade pour finir :
Entrés dans la ville, nos pèlerins poursuivaient et massacraient les Sarrasins jusqu’au temple de Salomon, où ils s’étaient rassemblés et où ils livrèrent aux nôtres le plus furieux combat pendant toute la journée, au point que le temple tout entier ruisselait de leur sang.
https://clio-texte.clionautes.org/la-pr ... -1099.html