de zemartinus » 16/06/2026 18:51
Message précédent :
personnellement, je pense qu'Hergé a été dans une sorte d'état de grâce pendant la période de l'Occupation, avec Le Crabe aux Pinces d'Or, L'Etoile Mystérieuse, et le diptyque de la Licorne.
(pour le Crabe et l'Etoile il faut lire les versions d'origine, en noir et blanc, pour être vraiment dans le bain).
Le diptyque de la Licorne ce sont les derniers albums d'Hergé en solo (après il aura des assistants), et les premiers à paraître en couleur. Il atteint une sorte de somment à ce moment-là je crois. Après ce diptyque le décor est en place pour les albums suivants, et il s'agira par la suite de BD extrêmement bien maîtrisées, des sommets pour beaucoup d'entre elles, mais qui restent dans une sorte de "mécanique" graphique, narrative et scénaristique, comme si on appliquait une recette, excellente, mais une recette quand même, alors qu'avant il y a comme une folie, quelque chose de très imprévisible dans les péripéties, quelque chose de plus spontané aussi peut-être.
Quant à savoir, pourquoi cet état de grâce à ce moment-là ? à cause de ses accointances droitardes ? personnellement je ne le pense pas, je dirais plutôt qu'en cette période de troubles, de disette, d'incertitudes et d'angoisse, Hergé s'est plongé à fond dans son Art, sans autre distraction possible, comme une échappatoire, et nous a offert ses plus beaux albums en tant qu'auteur complet