L
a légende raconte qu’après dix ans de domination sur les humains, le règne des Machines s’est effondré grâce à Hanamiya Kikuhoin, héritière de la famille impériale déchue d’Einheit, et de six guerriers. Un nom pourtant reste dans l’ombre de leurs exploits : celui de Kicca. À l’époque, c’est dans les bas-fonds de Jetcity que le jeune homme, accompagné de Coeurl, une sorte de chien doué de parole, rencontre la princesse, entourée d’orphelins laissés pour compte. Mais les mecchas s’en mêlent et Hanamiya comme Kicca ne doivent leur salut qu’à une arme inédite… Leur alliance, basée sur un faux-semblant, va changer la donne.
En janvier 2026, les éditions Mana Books ont publié simultanément les deux tomes de Fake rebellion, un seinen court signé Yuchang Sasaki. Plantant le décor dans un univers dystopique, ce diptyque accorde une grande place à l’action tout en abordant de nombreux thèmes. Ainsi, il y est question à la fois de résistance contre un oppresseur, d’inégalités sociales (que ce soit sous le joug des machines ou de l’ancien empire), de manipulation et du poids des erreurs passées. S’y entremêlent également un discours sur l’utilité de certains mensonges et sur la transmission de la mémoire. Cette dernière se concrétise autant dans les choix des héros que dans l’emploi singulier du « death genesis drive ».
Après une brève introduction, le récit entre dans le vif du sujet et les péripéties s’enchainent, en ménageant quand même quelques passages apportant un peu de réflexion dans des pauses bienvenues. Les événements se corsent dans le second volume, mais servent aussi de tremplin pour en apprendre davantage sur ce qui a conduit les robots à prendre l’ascendant. Si chaque rencontre recèle son importance, l’apparition et le développement des personnages de Gilbert et Ajisai entrent directement en résonnance avec les faits passés et le présent. Leur romance tragique permet de mieux cerner l’ampleur et les horreurs de la guerre ayant opposé humains et machines. Malheureusement, par la suite, les relations entre les principaux acteurs prennent une direction au mieux étrange, au pire incohérente. La rapidité du traitement n'aidant pas à comprendre les raisons de cette évolution.
Le ton navigue entre sérieux et exacerbation des ressentis ; des notes plus légères viennent s’y immiscer avec plus ou moins d’à-propos. Par exemple, la scène de baignade tablant sur le fan service paraît largement dispensable, car elle n’apporte rien à l’intrigue, à l'instar des diverses vues sur des dessous féminins ou de situations qui ne cadrent pas avec le côté sombre du récit. Ce dosage mal ajusté nuit par moments à l'ensemble. Le graphisme est à l’avenant. Bien léché et dynamique, il met l’accent sur l’expressivité, les émotions et restitue avec efficacité les nombreuses scènes d’action. Le travail sur les cyborgs et autres mecchas est aussi appréciable.
Aventure de science-fiction échevelée et concentrée, Fake rebellion constitue un divertissement satisfaisant mais souffre de faiblesses qui en gâchent le potentiel.








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