
"Joli", malgré quelques souffrances...
Un village ukrainien attend l'inéluctable, la purge stalinienne consistant à vider l'ensemble du pays et des annexions de leur force vive, agricole, pour former une vaste communauté de bien alimentaire, qui ne profitera qu'à quelques uns et en tuera des millions.
Reculé, ce village est encore passé inaperçu aux yeux de l'armée rouge, quand survient l'improbable : une jeune fille y est enlevée, peu après l'arrivée d'un homme tirant une cariole, avec dedans ses deux fils morts, dont l'un mutilé suggérant.......la faim.
Superbe postulat de départ, auquel on rêverait de voir un pendant en bd, voir même cinématographique !
Entre histoire russo-ukrainienne, survival absolu ( l'hiver, le froid, et de la neige, de la neige, toujours de la neige, finalement, le personnage principal ), tueur en série ( si on peut appeler le poursuivi ainsi ), c'est du haut niveau d'imagination plausible.
Les souffrances viennent d'ailleurs, sans qu'elles soient rédhibitoires : le style est académique dans l'écriture, nous semble-t'il. On en souffre aucunement dans les première et troisième partie, l'histoire étant trop solide pour s'y arrêter. Par contre au milieu, les redondances quant à la psychologie du personnage principal fatiguent un brin, et c'est là qu'on note un poil de répétitivité expressive.
Pas un chef-d'oeuvre au final, comme ont osé le clamer quelque journal français, mais du solide dans l'imagination qui conduit le récit, et c'est peu dire...
ps : la question se pose une nouvelle fois concernant les traductions. Je ne saurai dire si c'est Smith qui est académique dans son style, ou son traducteur. Mais cet auteur n'étant pas considéré comme l'élite des "étrangers" pour lesquels le plus grand soin doit être pris, on peut soupçonner une traduction lambda, sans passion
