Maelstorm a écrit:Série finie à l’instant. La qualité est restée au rendez-vous tout le long, avec un Peeters au top de son art. Et pour le scénario…,
J’ai toujours peur des séries teintées d’ésotérisme, pour lesquelles les scénaristes peinent à trouver une fin convaincante sans que ça tourne en eau de boudin (phénomène à la « Lost »), mais là le scénariste a eu le bon ton de ne révéler qu’un minimum syndical et de laisser les explications derrière les mystères à l’imagination du lecteur. Et c’est bien mieux comme ça.
Bien d'accord

!
Lu la série d'une traite hier et je me suis effectivement régalé !
En lisant certains commentaires, je craignais d'être déçu par la fin, mais je trouve que
Saint-Elme est une des séries vraiment marquantes de ces dernières années.
L'univers de cette BD doit beaucoup à la galerie de personnages, au trait de Peeters bien sûr, aux couleurs épatantes qui contribuent à créer une ambiance remarquable (voire même des ambiances suivant les lieux, les moments de la journée).
Les cadrages cinématographiques, la fluidité de la narration, quel plaisir ! J'avais l'impression de voir défiler une série TV de grande qualité sous mes yeux. J'ai vu qu'on évoquait souvent
Twin Peaks, on peut y voir aussi des liens avec
Fargo, Ozark, avec Logan Roy, le terrifiant patriarche de
Succession, un peu de Tarantino aussi...
On est plongé dans cette ville à part entière, les touches d'humour discrètes (peu évoquées j'ai l'impression, mais que je trouve vraiment réussies et bien exploitées), la vision altérée des junkies (montrer par le dessin comment les drogues modifient leur perception de la réalité tout en leur permettant de saisir certains moments avec une acuité accrue, c'est fort), les jeux sur les lumières (tantôt poisseuses, tantôt revigorantes), les morts brutales, les apparitions inattendues de certains personnages, c'est du jus de BD, du jus de cinéma.
Impossible de lâcher les albums jusqu'à la fin. Si le dernier tome contient c'est vrai quelques révélations un peu faciles (on aurait pu vouloir des explications de nature différente, mais les choix scénaristiques des auteurs restent pour ma part convaincants), je trouve que le dosage entre fantastique et réalité reste bon.
La
pourrait être attendue, mais la séquence est tellement bien construite qu'elle reste prenante jusqu'à la fin, pas de temps mort.
Après une montée de la tension particulièrement saisissante, la fusillade éclate
et chaque partie de cette séquence permet de boucler les différents arcs narratifs de façon satisfaisante. La trajectoire des personnages, bien typés et intéressants, demeure là aussi, cohérente et bien vue.
Par ailleurs, j'ai vu
que la fin pouvait en déranger certains car les personnages ne sont pas inquiétés par la police, mais sur le moment, je n'y ai même pas pensé. Saint-Elme était presque devenue une zone de non-droit - il n'y avait pas de police dans ces lieux, juste une milice privée, une ville où la mafia locale faisait presque la pluie

et le beau temps. Finalement, la montagne a été expurgée de ses parasites et le " projet 2.0 " qui allait défigurer les lieux, apportait encore plus de troubles dans cette ville déjà " très spéciale, " tombe à l'eau. L'équilibre est rétabli, il est donc logique que les habitants reprennent leurs travaux de rénovation, reconstruisent l'ancien aqueduc et se tournent vers un avenir plus serein avec l'aval des deux femmes du clan qui ont survécu à ce déluge de violence et qui sont quand même plus sensées que les mâles violents - voire incestueux pour l'un d'entre eux - de cette famille arrivée à la fin d'un cycle.
Messieurs Lehman et Peeters, chapeau bas !