A propos de sauce interne, initialement, l’idée qui avait germé dans la tête de deux lecteurs convaincus qui avaient eu l’occasion d’échanger sur cet album – tout en luttant contre l’apparitions de « salamaaaandres » - était de faire 2 chroniques pour partager leur enthousiaste (jurisprudence récente :
Les ignorants), et leur rapport différent avec la série, l’un étant un amateur éclairé de la chose, l’autre étant un profond ignorant. L’un d’eux a tenu les délais, ce n’est pas moi. La question étant donc venue sur le tapis sur le forum, j’en ai profité pour rattraper mon manquement.
Pour faire réponse à mon camarade Nexus, je dirais d’abord qu’il est difficile de le faire, sachant que nous ne partons pas sur les mêmes bases. Mais je vais tout de même essayer de le faire point par point.
Fort de ma méconnaissance crasse, je ne peux donc pas voir de clin d’œil respectueux ; je suis confronté à quelque chose que je ne connais pas. Par contre, j’ai cette notion qu’il s’attaque à un mythe, et l’entrée en matière est là-dessus géniale :
Afin de clairement mettre sa main sur cet univers qu’il lui est donné de s’approprier le temps d’un album, après une planche pleine page d’introduction dans laquelle il ouvre la brèche de manière déconcertante, et par là-même stupéfiante. Bref, il a cassé le jeu, et ainsi, peut reprendre totalement la main dessus : tel Dieu, il va pouvoir le façonner à sa manière. Ce qu’il ne manque pas de faire d’un coup de cuillère à soupe en ramenant ses protagonistes dans un ailleurs supposé plus leur coller à la peau. Il opère à l’inverse à la fin, comme rendant les clefs de la maison.
Que le scénario soit bancal, je n’en sais foutre rien. Encore une fois, je me suis laissé embarquer dans l’histoire par la manière de raconter. L’histoire devient donc de fait secondaire, ce qui m’a plu, c’est l’univers absurde développé, le sens des réparties, le rythme, les clins d’œil extérieur à la série mère, les détails graphique (ça fourmille !). Bref, j’ai pris mon pied, alors l’histoire, en fait, je m’en fous un peu !
Quand tu parles des invités que tu qualifies de « caution », je pense que l’on s’en fiche pas mal, parce que globalement, ils se fondent pas mal dans le truc, et leur présence passe de fait pour ainsi dire inaperçue. Cela à l’exception de LA « guest star », j’ai nommé Lindingre. Cela pour au moins deux raisons :
d’une part, elle est située au tout début de l’album, ce qui fait que tu n’es encore complétement dedans, donc encore sur tes gardes si je puis dire, mais surtout, d’autre part, elle intervient parfaitement dans la cassure outrancière voulue. Et ça, c’est bon !
Tu parles de poésie, tout du moins de celle de Christin et Mézière, j’ai tendance à trouver celle de Larcenet ailleurs, justement quand il se pose en invité. Peut-être encore plus que pour ceux annoncés en avertissement, c’est pour moi dans les apparitions de ce qui fait Larcenet qu’elle se trouve. Cela sans oublier la virtuosité graphique que tu évoques, qui trouve sa poésie dans ce qu’elle a de lâché, et sans oublier le charme de la mise en couleur de Jeff Pourquié. Tu dis que Larcenet rate sa cible, je ne suis pas d’accord, j’ai au contraire le sentiment qu’il a surtout voulu ne pas essayer de jouer une partition connue, mais de créer sa propre partition. Pour le côté éthylique de l’histoire, là encore, je ne te suis pas, je trouve qu’il a toujours une part de poésie dans l’emphase de l’être ivre. Et puis c’est toujours mieux de s’y confronter à travers le dessin tu me diras, même s’il faut aussi parfois vivre dangereusement et se confronter à l’expérience afin de pleinement gouter la « tripaille de chenille lubilis de gomo gandje » !
Je ne répondrais pas sur la provocation sur
Gastoon, je dois reconnaître qu’elle est bonne, mais elle est aussi trop facile.
Mais je comprends parfaitement ta lecture à travers ton développement, nous n'avons pas eu la même, et ma foi, ça arrive de temps en temps.