Gesicht écrit, au sujet d'Alan Moore :
Je trouve que c'est quelqu'un de surestimé. Je ne dis pas qu'il est mauvais, loin de là, mais je ne le trouve pas au-dessus de la mêlée.
Surestimé ? Il serait bon de développer ton point de vue. Par qui ? La critique ? Le public ?
Franchement, je ne le pense pas. De même qu’il n’y a eu qu’un Osamu Tezuka (qui n’a pas exclu l’existence d’autres talentueux japonais), Moore brille, comme Mozart brillait plus que Salieri, sur l’univers des comics, il est meilleur que les autres, comme Bolt court plus vite que les autres, c’est comme cela. Moore est le seul scénariste à avoir reçu une récompense littéraire, un prix Hugo en l’occurrence, pour Watchmen qui fut traduit en français par Manchette, lui-même auteur légendaire de polars.
Puis :
« Il est même parfois assez irrégulier et un peu "relou" des fois, à force d'utiliser quelques clichés un peu bobo. »
Là encore, il faut développer ta pensée. Qu’est-ce qu’un cliché bobo ? Alan Moore est tout sauf un membre de la bourgeoisie bohème…
En ce qui concerne son irrégularité, il est évident que Watchmen est supérieur à ses issues de Wildcats ou du Captain Britain, mais, ces dernières restent tellement au-dessus de la mêlée qu’elles sont éditées encore et encore et qu’elles sont considérées comme les meilleures écrites.
Puis, tu écris :
« Vu la façon dont le fonctionne l'édition aux USA, c'est normal qu'il se distingue un peu des récits habituellement simples et accessibles, mais si on venait à le comparer à des auteurs de BD européennes, là, ce serait juste un talent parmi de nombreux autres. »
What ? Là, tu généralises de manière absurde.
La BD américaine simple et accessible ? Donc puérile, pour dire les choses franchement ? Il me semble que tu oublies Will Eisner, Thompson, Morrison, Ellis, Kirby, Miller, Mignola, Johns, Millar et tant d’autres. Et puis comparaison n’est pas raison. Je ne perdrai pas mon temps à savoir si un Urasawa est supérieur à un Inoue ou si Hergé est plus fort que Jacobs. Autant comparer des betteraves et des carottes…
Au fond, ta remarque cache cette critique horripilante qui dénonce le « mercantilisme » de la vilaine et abrutissante production américaine (on connait la chanson depuis Wertham) : comme si faire de l’argent, en divertissant, c’était mal et que seule la BD underground mériterait notre respect, ce qui est bien un concept bobo, tiens.
Faut-il encore écrire en 2011 que l’on peut réaliser une œuvre populaire, lisible, intelligente ET exigeante à la fois ? Mince, c’est ce que faisaient Victor Hugo, Dumas, ou Jules Verne !
On peut dire la même chose en France. Tiens, prenons Manu Larcenet, cité par d’autres, il peut passer du Combat Ordinaire, à Blast, de chez Francisque à Donjon et à sa vision très personnelle de Valérian. Pourtant c’est le même Larcenet qui travaille. Son talent reste le même. Il a certes pour objectif de gagner sa vie grâce à son talent et cela n’a rien d’honteux, mais il est clairement supérieur à beaucoup de scénaristes malgré leurs vaillants efforts.