The Maze Echo a écrit:Dans ma ville, un pont porte son nom depuis des années. Je pensais qu'on ne baptisait les rues, ponts... qu'en l'honneur de personnes déjà trépassées.

Ton interrogation me renvoie au livre du général Paul Aussaresses ("Services spéciaux") quand il était à la tête du commando qui éliminait physiquement, après tortures, les militants du FLN à Alger en 1957.
Dans son livre de souvenirs il révèle qu'en 1960 il avait préparé
l'assassinat de Gisèle Halimi, qui devait plaider à Alger dans un procès contre le FLN (elle fut une des avocates de Djamila Boupacha, me semble t-il). Il assume sans complexe son projet, considérant Gisèle Halimi comme une alliée objective du FLN (ce qu'elle était bien sûr, partisane de l'indépendance)
La courageuse Gisèle Halimi est donc passé à ce moment là à deux doigts de la mort, car Aussaresses était un vrai tueur qui mettait la main à la pâte ( c'est lui qui a pendu Larbi Ben M'hidi, le chef du FLN algérois et l'un des fils de la Toussaint, sans oublier le mathématicien Maurice Audin, poignardé sur son ordre)
Cette révélation m'avait fait gamberger : à quoi tient un destin ? La vie d'une avocate du FLN ne valait pas chère à l'époque (son confrère Ali Boumendjel a été défenestré par les paras de Massu ).
Ce bout de femme était d'une énergie et d'un courage remarquable, elle a entre autre mené le combat à l'inique procès de Bobigny (j'ai manifesté à l'époque en soutien).
Je m'incline bien bas devant elle, elle était de la trempe d'une Germaine Tillion !