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* * Ciné-Club 137 : films français durant l'Occupation * *

La politique, la musique, le cinéma, les jeux vidéos et la culture en général lorsqu'elle ne traite pas directement de bande dessinée

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Messagede Loup Solitaire » 17/04/2026 14:32

Message précédent :
Trois films que je connais pas :
L'ennui 3 points (pour Catherine Spaak)
Les Dauphins 2 points (réalisateur qui m'est quasi inconnu, à part les Egarés)
Lettre d'amour 1 point (ça sera l'occasion d'ouvrir mon coffret Tanaka)
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Messagede sergent latrique » 17/04/2026 19:11

Belle sélection, mes votes:

1963 - L'Ennui (Damiani) 3 pts
1960 - Les Dauphins (Maselli) 2 pts
1955 - Nuages flottants (Naruse) 1 pt
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Re: * * * Ciné-Club séance 135 films des années 50/60 * * *

Messagede jolan » 18/04/2026 22:17

1962 - L'Enfance d'Ivan (Tarkovski) 3 pts
1963 - L'Ennui (Damiani) 2 pts
1963 - Huit et demi (Fellini) 1pt

Ce qui nous fait pour l'instant :

1960 - Les Dauphins (Maselli) 8
1963 - L'Ennui (Damiani) 8
1953 - Lettre d'amour (Tanaka) 4
1962 - Quand la chair succombe (Bolognini) 4
1962 - L'Enfance d'Ivan (Tarkovski) 3
1950 - Chronique d'un amour (Antonioni) 1
1955 - Nuages flottants (Naruse) 1
1963 - Huit et demi (Fellini) 1
1951 - Jeux d'été (Bergman)
1953 - Voyage à Tokyo (Ozu)
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Messagede jolan » 20/04/2026 18:30

Bon, je ne vois pas de nouveau vote, alors c'est parti pour la double séance :

1960 - Les Dauphins (Maselli)
1963 - L'Ennui (Damiani)

Je vous envoie le premier film bientôt :food:
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Messagede jolan » 21/04/2026 19:57

Je viens de vous envoyer le premier film

[:fantaroux:2]

(Euh : tu me dis si tu en as besoin, j'ai supputé que tu le possédais déjà)
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Messagede euh... si vous le dites » 21/04/2026 22:10

jolan a écrit:Je viens de vous envoyer le premier film

[:fantaroux:2]

(Euh : tu me dis si tu en as besoin, j'ai supputé que tu le possédais déjà)


J'ai aucun des deux et j'ai pas cherché. Je veux bien ton lien.
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Messagede jolan » 29/04/2026 02:55

Vu.

Très beau film.
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Messagede jolan » 29/04/2026 18:57

Les Dauphins – Francesco MASELLI – 1960

Une année en flash back dans la vie d'une petite bourgade italienne, où règne un petit clan de jeunes gens issus de la bourgeoisie locale, qui traînent leur ennui et leur dédain en s'adonnant à l'alcool et les nuits de fêtes. On sent les premiers signes des années 60.
On pénètre dans ce petit cercle d'enfants gâtés par le biais de la jeune Claudia Cardinale (à la beauté juvénile époustouflante), qui, poussée par sa mère revancharde, cherche à « franchir le mur » qui la sépare de la classe aisée, et y parviendra par le subterfuge de sa beauté, privilège exclusivement féminin. Mais le revers de la médaille viendra assez vite et occasionnera une remise en question déterminante pour le reste de sa vie. C'est cette histoire entre Claudia et son médecin qui m'a le plus charmé. Les scènes entre eux sont très belles.
Mais le portrait des autres enfants montre d'autres perspectives de cette jeunesse qui se cherche et veut s'extraire de sa destinée sans jamais y parvenir. Portraits des jeunes gens, de l'aristocrate qui les a pris sous son aile, et de la petite vie étriquée du village, avec ses yeux et ses oreilles à l'affût, ses rumeurs et ses racontars, ses « scandales », dont certains pèsent encore des années après, sans que les pluies torrentielles ne les efface totalement.
A la fin, j'ai cru que la fausse aristocrate allait offrir à chacun un cadeau qui lui permettrait de remettre sa vie dans le bon sens, ce qui est d'ailleurs un peu le cas à l'issue de la soirée, mais pour quelques heures seulement...

Il y a vraiment de belles scènes, une belle réalisation avec un beau noir et blanc, un ton grave et nostalgique, désabusé. Mais aussi de belles éclaircies avec le personnage de Fedora. J'ai souvent pensé à « La Femme à la valise » de Zurlini, film que j'aime beaucoup. Et au final, sans adhérer à tout et en particulier à ce petit groupe de personnages peu reluisants, j'ai beaucoup aimé ce film, dont de nombreux petits éléments me parlent.
On retient surtout la désinvolture et l'ennui de cette jeunesse perdue, qui entraîne dans sa chute les personnages qui les approche. Ennui moraviesque que nous retrouverons dans le prochain film pour - je l'espère – un film au moins aussi réussi.

13/20
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Messagede lobo » 30/04/2026 09:33

Non trovo i sottotitoli e il mio italiano è un po' arrugginito.
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Messagede jolan » 30/04/2026 18:48

Je l'avais pourtant envoyé avec le fichier vidéo...

[Révéler] Spoiler:
https://www.transfernow.net/dl/20260430SQ47Lk0p/0vbg8Btd
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Messagede lobo » 30/04/2026 19:30

Merci
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Messagede jolan » 03/05/2026 22:05

Bon, je vous attends pour envoyer le second film...
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Messagede sergent latrique » 04/05/2026 23:05

[:fantaroux:2] Vu aussi I delfini ce week-end, mais je manque un peu de temps pour écrire quelques lignes. Je pense poster demain si tout va bien. En tout cas, une belle découverte que ce film de Maselli dont je ne connaissais pas la filmographie.
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Messagede lobo » 05/05/2026 10:00

Vu. Bien aimé. Critique dans la journée.
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Messagede sergent latrique » 05/05/2026 13:53

I delfini 1960 Francesco Maselli

J'étais passé à côté de ce film qui suit dans la filmographie de C.Cardinale "la fille à la valise"


Comment passer le temps, la saison morte quand on est riche et oisif en 1960 dans une ville italienne ? J'ai lu il y a quelques mois, un livre de Paul de Kock, qui au XIX° siècle a écrit le roman "Les femmes, le jeu et le vin". Et j'y ai pensé car c'est un peu ce qu'on croise dans cette étude de mœurs, l'alcool (Marina qui boit une bouteille de whisky au début du film), la séduction (toutes les histoires amoureuses) et le danger (la conduite folle en Ferrari). Des fêtes et des soirées à boire, à séduire pour cacher l'ennui d'une vie, d'une voie tracée par l'héritage d'une famille aisée ou d'une lignée de noblesse et qui écrase la soif de liberté d'une jeunesse sous le poids d'un passé au costume trop grand pourrait donner le ton du film.

Le récit est articulé autour de la narration d'Anselmo qui raconte la saison en un long flash-back avec les destins de ces "dauphins". Anselmo est sans doute le seul qui a une envie d'évasion intellectuelle parmi les personnages de cette histoire. C'est d'ailleurs à lui que la comtesse offre un paquet complet de volumes de la Pléiade.
Parmi cette caste de gens aisés, surgit la belle Fedora, modeste jeune fille dont l'idylle avec le docteur va être contrariée par Alberto, séducteur qui piétine un amour naissant comme un Don juan provocateur.
Ce mélange des castes sociales bien marquées dans l'Italie, à la fois teintée de néo-réalisme d'après-guerre et de noblesse finissante, rappelle des réalisateurs comme Antonioni ou Fellini, et je trouve Maselli injustement moins renommé.
Deux classes cohabitent tant bien que mal et finalement, la conclusion dans le récit d'Anselmo, les mariages se font dans la tradition, même si ce monde se modifie petit à petit.

Techniquement, le noir et blanc avec les scènes nocturnes, sont un régal. J'ai beaucoup apprécié cette manière de filmer la ville, ses rues et ses places en nocturne, les murs de la ville comme un décor qui participe à ce poids du passé.Gérard Blain est convaincant, et que dire de la jeune Claudia Cardinale qui rayonne, solaire, dans sa détermination et son abandon. Antonella Lualdi a aussi une beauté éblouissante.

Voilà, belle découverte.

Ma note 15/20
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Messagede lobo » 05/05/2026 15:21

I Delfini (Francesco Maselli, 1960)

I Delfini, les dauphins, comme en France, le fils de roi, promis à être roi. En Italie, l’aristocratie, me semble-t-il, a toujours fait du business, à la différence de la France, l’Angleterre ou l’Espagne. Ici on va voir ses paysans (comme dans toute aristocratie) mais aussi ses ouvriers (Anselmo s’adressant à Marina sur un ton acerbe : « tu es allée voir tes paysans et tes ouvriers »). Du coup pour faire partie des Delfini, il faut des ancêtres ET de l’argent. Cherè, comtesse dont les ancêtres ont fondé la ville, qui n’a plus d’argent, est abandonnée par tous en quelques minutes (scène terrible qui finit par un suicide au moins symbolique). Ridolfi, qui n’a que l’argent, est hors-caste, hors-société, comme un usurier juif. Tous le méprisent.

C’est une jeunesse dorée de province, différente de celle, romaine, de la Dolce Vita de Fellini, plus brillante, mais la province n’a pas tout à fait le même sens en Italie qu’en France où la domination symbolique de Rome, qui existe bien, n’a rien à voir avec celle de Paris. Ancône (c’est le principal lieu de tournage, il me semble, avec Ascoli Piceno) est une ville avec un passé et une identité prestigieux. Les élites locales y ont un certain lustre. La ville, très belle, est d’ailleurs peut-être le personnage principal du film. C’est la ville par quoi le film commence. C’est elle qui va remettre tout le monde au pas.

Dans la jeunesse dorée de cette ville, deux représentants de milieu populaire, vont de manière contingente, être invités, tous les deux ayant pour eux leur beauté, l’un médecin, qui va attirer la comtesse Cherè, l’autre, Claudia Cardinale, qui va attirer le fils à papa des fils à papa locaux, Alberto de Matteis qui, de toute façon, saute sur tout ce qui bouge. Et puis, il y a ceux qui veulent s’échapper de cette condition, comme Anselmo, le narrateur, qui a des velléités d’écrivain.

Des amours éclosent : Cherè pour le médecin, Fedora (CC) pour le médecin puis pour le bel Alberto, Alberto pour sa Ferrari plus que pour Fedora, Elsa, promise à Guglielmo, qu’elle méprise, éprouve de l’amour pour son frère, un temps rebelle, Ridolfi pour Elsa, Anselmo pour Marina. Mais la ville finira par remettre au pas tous ceux qui veulent lui échapper ou échapper à leur condition via l’amour, notamment Anselmo. Seule Fedora parviendra à franchir le mur de séparation entre classes. Mais au prix terrible de son propre amour. Entre son amour véritable pour le médecin et l’ascension sociale via le mariage imposé à Alberto, elle choisira l’ascension sociale (c’est d’ailleurs curieux que la pression sociale, ici, oblige le fils de famille à épouser la fille du peuple enceinte de ses œuvres, effet de la prégnance du catholicisme ?). Bref la fin est bien amère où l’on voit les conventions sociales triompher des désirs de liberté et d’indépendance des uns et des autres. On se rappelle que Moravia fait partie des scénaristes.
Un beau film au total et une belle chronique italienne.
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Messagede jolan » 05/05/2026 20:37

Ah, pour l'instant nous avons tous apprécié

(perso je vais mater les autres films de Maselli avec la belle Claudia)

Qu'en sera-t-il de nos acolytes ?
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Messagede Loup Solitaire » 06/05/2026 20:04

Vous avez déjà tout dit, je n'ai pas grand chose à rajouter, j'ai bien apprécié le film et cette peinture d'un groupe de bourgeois désoeuvrés et cruels, porté par un ensemble d'interprètes tous très bons, et une belle photo N & B.

Un film où les plus favorisés se comportent comme des ordures car ils savent qu'ils peuvent, de par leur milieu social, s'en tirer (à l'image de la réplique "Je n'ai pas encore décidé ce que j'aime le plus, toi où la Ferrari").

Et les sacrifices sont terribles pour ceux et celles qui veulent "s'en sortir", à l'image de l'avant dernière scène : rien ne changera jamais.


Une belle découverte.
Ma note : 14/20
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Messagede euh... si vous le dites » 08/05/2026 17:45

I Delfini (Francesco Maselli, 1960)

Belle découverte, je partage le sentiment général.
Maselli excelle à dépeindre l'atmosphère régnant autour de cette petite caste de nantis qui traîne son spleen désabusé et son désespoir argenté, au travers de ces personnages à la fois maîtres et esclaves de cette petite ville d'Italie figée dans le temps. J'ai craint jusqu'à la fin que le film manque de cruauté mais non, il va au bout de son propos et nous épargne une fin positive avec le gentil docteur. Gentil docteur qui est d'ailleurs pour moi le personnage le moins intéressant du film, contrepoint fâlot et surplomb moral un peu trop évident dont le film aurait presque pu se passer.
Plus que Claudia Cardinale, dont le jeu tout en opacité aurait mérité un personnage plus trouble et moins lisible, c'est Betsy Blair dans le rôle de Cherè qui m'a le plus emballé.

Ma note : 14/20
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Messagede euh... si vous le dites » 08/05/2026 18:12

lobo a écrit:Mais la ville finira par remettre au pas tous ceux qui veulent lui échapper ou échapper à leur condition via l’amour, notamment Anselmo. Seule Fedora parviendra à franchir le mur de séparation entre classes. Mais au prix terrible de son propre amour. Entre son amour véritable pour le médecin et l’ascension sociale via le mariage imposé à Alberto, elle choisira l’ascension sociale (c’est d’ailleurs curieux que la pression sociale, ici, oblige le fils de famille à épouser la fille du peuple enceinte de ses œuvres, effet de la prégnance du catholicisme ?).

Bref la fin est bien amère où l’on voit les conventions sociales triompher des désirs de liberté et d’indépendance des uns et des autres. On se rappelle que Moravia fait partie des scénaristes.


Il me semble que Fedora sacrifie son amour pour le médecin plus pour sa mère qui ne supportera pas un scandale de plus que pour l"ascension sociale dont elle rêvait au début du film. Au final, ce n'est pas le désir d'ascension sociale qui conditionne son choix. Elle choisit sa mère plutôt que le médecin. Destin très amer.
Certains personnages par contre me semblent moins brisés par les conventions sociales que par eux-mêmes. C'est le cas d'Anselmo, dont les rêves d'indépendance sont avant tout contrecarrés par une faiblesse de caractère qui l'empêche constamment de sortir du moule, chose pour laquelle il se méprise, d'autant plus qu'elle s'accompagne de la honte liée à la fortune familiale qui provient de la spoliation d'un ami juif de son père.

lobo a écrit:Mais la ville finira par remettre au pas tous ceux qui veulent lui échapper ou échapper à leur condition via l’amour,


On notera que le seul personnage qui échappe à la ville, c'est Marina qui part à Modène, et elle le fait par l'argent.
Ceux qui rêvaient d'autre chose, on les sent condamnés à une forme d'exil intérieur (Anselmo dans la littérature, Fedora peut-être au travers de son enfant à naître). Et Cherè, elle n'a plus rien et elle n'est plus rien.
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Messagede jolan » 08/05/2026 18:48

Oui elle se sacrifie par amour pour sa mère, qui ne survivrait pas à un "deuxième scandale".
Triste et amer, mais beau.
Pour ceux qui ont apprécié Antonella Lualdi, elle est dans l'excellent film "Le Repas des Fauves"

Bon, eh bien le film a rencontré son public et repart avec la belle note de 14

Je vous envoie le deuxième film de Damiano Damiani domani

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