de sergent latrique » 13/06/2026 23:59
Sweet smell of success 1957 (Le grand chantage) Alexander Mackendrick
Tous les ingrédients sont réunis pour faire de Sweet smell of success un chef d'oeuvre de film noir et psychologique, un thème sérieux, de bons acteurs, des images en noir et blanc bien maitrisées, enfin la recette parait bonne,
et pourtant comme le gâteau qui ne monte pas, j'ai eu l'impression que cela non fonctionnait pas vraiment, surtout dans la première partie.
Burst Lancaster, décidémment un grand acteur, incarne JJ Hunsecker, homme influent des médias, éditorialiste lu par 60 millions de lecteurs américains (il le dit lui même) , mais également monstre froid et calculateur dégageant une véritable force qui fait plier les autres.
Il ne supporte pas la contradiction et derrière cette façade d'homme brut cache une sorte de faille et de fragilité dans une relation ambiguë avec sa jeune sœur qu'il surprotège. La jeune Susan (dans le film comme à la ville) est en quelques sorte une des clefs de la psychologie de JJ. Son portrait-photo est sur le bureau du boss, elle est interdite de toute action sans son consentement et surtout de fréquenter ce jeune guitariste de jazz par qui constitue le fil du récit.
Curtis, Sydney Falco, est un de ces agents de presse, à la réputation sulfureuse et qui louvoie dans tous les milieux pourvu qu'il obtienne une reconnaissance et enfin le succès qu'il recherche à tout prix.
C'est le fourbe par excellence prêt à toute les compromissions pour obtenir sa chronique et le succès à l'aide de JJ Hunsecker.
En intrigant pourri, hypocrite et cynique, il va par tous les moyens chercher à compromettre l'amoureux de la jeune Susan.
En résumé de ces basses besognes, chantages , renoncements et manœuvres viles, comme jeter dans les bras d'un journaliste influent, le jaune vendeuse de cigarette.
Donc, cette première partie du film avec les manoeuvres entre Sydney, JJ, Elwell, m'ont paru assez alambiquées.
La scène au théâtre qui débute avec une réconciliation feinte et le revirement des attitudes pour que la jeune Susan quitte Steve Dallas est à la fois subtile et trop parfaitement calculée. Le couple Steve-Susan parait le seul à être pur dans ce monde désenchantée, et cette relation dérange beaucoup de monde en premier JJ .
La tension psychologique monte en niveau vers la fin du film avec cette confrontation entre JJ et sa soeur qui' n'avait jamais pu réellement avoir lieu.
Techniquement, la beauté des images en noir et blanc, en nocturne, dans les scènes de bar, ou dans la rue sont réussies mais j'ai quand même du mal à être complètement enthousiaste car le ressort de l'histoire me parait finalement assez futile et les relations entre les personnages, Falco et JJ Hunsecker, au fond des ennemis que l’intérêt rapproche. La jeune Susan Harrison, qui n'a pas fait une grande carrière au cinéma apporte la fraîcheur et le fragilité de ses 19 ans (son âge dans le film et dans la réalité)
14/20
Dernière édition par sergent latrique le 14/06/2026 00:06, édité 1 fois.
Halte au massacre Organisasi Papua Merdeka