Je poste un édito de la presse belge qui rejoindra les autres avis exprimés sur ce topic :
Tadej Pogacar n’avait pas besoin que l’organisateur lui concocte un parcours clef sur porte, compte tenu des innombrables qualités du Slovène, coureur tout-terrain, dans sa quête d’une cinquième victoire. Or, il a précisément dessiné un parcours pour mettre le meilleur coureur du monde dans des dispositions idéales, à l’abri de tout stress, élément nerveux que Pogacar ne connaît pas, ne comprend pas.
Ce joueur né, qui s’amuse sur le vélo là où d’autres y souffrent le martyre, a reçu dès le départ de Barcelone un cadeau dans un emballage digne de son statut, facile à ouvrir. Un contre-la-montre par équipes, un petit Liège-Bastogne-Liège le lendemain, une première arrivée en moyenne montagne aux Planes puis le Tourmalet pour emmener ceux qui survivent au cirque de Gavarnie : n’aurait-il pas été opportun de laisser le bouquet final dès le départ au champion du monde, histoire d’épargner des souffrances, des abandons, des coups de chaud à des adversaires, à des équipiers, à des moins que rien qui jouent en quatrième division mais qui roulent dans la même compétition ?
Il pourra même choisir qui sera sur le podium final
Pogacar n’avait donc pas besoin d’un tapis rouge. Il lui a été offert et c’était une mauvaise idée car le Tour est terminé en ce qui concerne la première place après moins d’une semaine. Comme si le calife avait dessiné lui-même les étapes, décidé de la météo, des défaillances, et même de ceux qui monteront à ses côtés sur le podium à Paris. Dès maintenant, le Slovène peut déjà choisir ses dauphins. Son équipier Isaac Del Toro en fait évidemment partie, à charge pour Jonas Vingegaard, Remco Evenepoel et Paul Seixas de se battre contre le meilleur lieutenant du roi pour espérer un podium.
Pincez-vous : ceci est écrit après six jours de course, sans surprise, puisque c’était décidé à l’avance. Inclinons-nous devant le meilleur, le plus grand, l’inaccessible. En regrettant que les piments aient été mis dans les zakouskis et non dans le plat principal. Cette erreur gastronomique majeure prive le Tour de France d’un festin, à l’image des régalades moyenâgeuses qui permettaient aux seigneurs de se frotter la panse pendant que les vassaux se disputaient les restes. Le Tour 2026 est dans cette logique. Il ne reste plus qu’à savoir qui seront les meilleurs vassaux sans s’endormir.◼