
Eh bien voilà un auteur foutrement doué pour son premier roman !
Certes, il ne part pas de loin. Journaliste d'investigation pour de gros journaux américains, en particulier concernant l'industrie pharmaceutique, il a la tournure de phrase et la formule qui tâche.
Néanmoins, créer cette fiction ( certains diront politique-fiction ), chapeau.
Je suis peu amateur de digression innombrables, et assez souvent innommables d'ailleurs, mais il en a fait un art dont on se délecte.
Le titre et la couverture dit tout. le peech de départ résume tout :
"URSS, février 1953. Alors que les purges antisémites font rage, trois émissaires du gouvernement soviétiques débarquent au beau milieu de la nuit chez le vieux Solomon Chimonovitch Levinson, ancien acteur du défunt théâtre yiddish de Moscou. A leur grande surprise, Solomon s'avère un adepte hors pair du close-combat et sa réaction est aussi inattendue que douloureuse"
Quand l'iconoclasme et l'humour se mêlent au sérieux, ça donne ça. Ou les tribulations d'une troupe de vieux amis qui avancent inexorablement vers le vieux polochon qui mène le pays, à coups de sabre, que le héros manie comme l'acteur théâtral qu'il est resté.
C'est doublé d'une réflexion sur le monde saisissante, mêlant pauvreté, condition des juifs, illogisme politique...
Je goûte peu les digressions qui, dans les romans, transforment les petites histoires en un pavé boursouflé qu'une aiguille suffirait à affadir. Là, bien qu'elles soient innombrables, elles sont extrêmement bien intégrées au récit, mélange de réflexion sur l'état du monde et loufoquerie maîtrisée.
Joli premier essai !