J'ai ADORÉ cet album !
Franchement Goscinny n'est pas loin du tout !
J'ai adoré tout particulièrement :
- Le Portugal ACTUEL ! Enfin, en voilà un qui a compris la mécanique Goscinnienne ! L'Antiquité n'est là que pour apporter du décalage, mais ce que René Goscinny a toujours voulu raconter, ce sont ses contemporains. Or, les écossais n'ont pas de tatouages bleus, les slaves ne sont pas des Amazones, etc... Par contre, les portugais ont bien cette culture douce-amère, leur accent est bien chantant (je ne spoile pas), etc... Et ils en rient eux-mêmes, et ils aiment ça.
Et c'est très bien que le héros antique local ne prenne pas toute la place, et reste dans le cadre de la Grande Histoire

(voir les images précédemment publiées).
- Le RYTHME ! Ce que j'ai toujours admiré chez Goscinny, Greg et Tome, c'est qu'ils ont l'art de raconter une saga, une épopée, une... une Grande Vadrouille sur 44 toutes petites planches (on est loin des albums actuels !). Et on y croit ! Et on a l'impression d'avoir passé plusieurs mois, parfois, en compagnie d'Astérix et Obélix, une fois l'album terminé (je ne spoile pas la durée de cet album-ci).
Et ceci grâce à une technique scénaristique d'une efficacité redoutable : pas de temps mort (Goscinny disait qu'il ne consentait à quitter une case que quand il ne pouvait plus ajouter de gags), un rythme soutenu qui ne laisse que rarement le temps de profiter du paysage (on dirait un Tour Operator), mais quand il le fait, c'est un régal, des accélérations bien choisies et des rebondissements réguliers...
Au bout de ce voyage, on a réellement l'impression d'en avoir eu pour son argent (toujours 10 €, mais "plus 90 centimes" au lieu de "moins 10 centimes"

)
J'ai même l'impression que FABCARO a cumulé autant de bulles, autant de rebondissements, autant de gags qu'il a pu... sans sacrifier à la lisibilité bien agréable de cet album, ni aux moments où il fallait profiter pleinement d'une scène importante.
Bref, un modèle scénaristique, dans le genre !
- Et je dirais que mon principal éclat de rire, c'était comment il a réussi à caser Vasco de Gama dans cette histoire
(un gag en 2 étapes : la recherche du jeu de mot, et sa résolution)