Il va falloir élaguer parce qu'avec toutes ces nouvelles propositions, en plus des noms déjà dans la liste, ça va faire beaucoup.
Nexus fait bien de mettre l'accent sur l'importance et le rayonnement des auteurices sur le marché français.
Il me semble également important que l'oeuvre des auteurices soit aujourd'hui toujours largement disponible. Sélectionner des noms dont les oeuvres sont indisponibles depuis longtemps me semble sans intérêt.
Ce qui serait bien également, c'est d'éviter l'effet dessin animé. On ne va pas se mentir, si Tsukasa Hojo et Rumiko Takahashi ont été si rapidement sélectionnés, c'est sans doute en grande partie grâce à l'effet "Club Dorothée" génération gloubiboulga. C'est pas grave ici parce que les deux noms me paraissent légitimes mais faisons attention et gardons mesure.
Pour ce qui me concerne, je vais séparer en trois catégories : en sélection, en réserve, pas en sélection.
Je pars du principe que Goseki Kojima et Shigeru Mizuki sont élus lors de cette session.
En sélection :
* Inio Asano : la crème du manga d'auteur. Plusieurs oeuvres majeures, largement disponible. Inio Asano s'est imposé comme un classique contemporain.
* Junji Ito : maître incontestable du manga horrifique. Spirale est un chef d'oeuvre. Classique contemporain dans son genre et porté par un programme de rééditions massives de haute tenue. Junji Ito s'est imposé comme un incontournable.
* Kazuo Kamimura : graphiquement, c'est sublime. Au rayon du manga de patrimoine, c'est un must.
* Yoshiharu Tsuge : la splendide édition chez Cornelius a permis de placer Tsuge au centre du jeu et de montrer définitivement son importance dans l'histoire du manga. Incontournable.
* Kazuo Umezu : logiquement, il devrait passer avant Junji Ito (qui lui doit tout) mais son rayonnement en France est moindre malgré son chef d'oeuvre L'école emportée et un très beau travail d'édition du Lézard Noir pour le reste de son oeuvre. Je le mets quand même en sélection.
* Akimi Yoshida : bon, on va pas se mentir, ça prend pas nécessairement super bien sur le marché français mais les efforts récents de Panini pour rendre son oeuvre accessible démontrent son importance.
* Clamp : le collectif Clamp est central dans le développement du shôjo en France. Tonkam les publie dès le début (RG Veda, X, Tokyo Babylon). Et depuis, ça n'a pas arrêté. Avec en prime, une belle remise en avant du catalogue depuis cette année chez Pika.
* Shotaro Ishinomori : aussi important que Tezuka, même si moins mis en avant chez nous. Malgré tout, son oeuvre continue d'être publiée avec de nouveaux titres au catalogue. Indispensable.
* Hiromu Arakawa : l'excellence dans le manga grand public. FMA est au-dessus du lot dans son genre. Pourquoi pas?
* Mitsuru Adachi : le maître absolu du manga de romance. Un génie de la narration. Révéré comme un Dieu au Japon mais malheureusement pas autant chez nous. Mais bon, c'est un maître et sa place est au panthépn.
* Moto Hagio : grâce à Akata, on peut enfin mesurer l'ampleur de l'importance de Moto Hagio dans l'histoire du shojo. Auparavant, son oeuvre était mal éditée en France. Elle devient à présent mieux accessible au sein de la collection Héritages d'Akata.
* Eiichiro Oda : qu'on le veuille ou pas, One Piece est le shonen le plus important depuis Dragonball, celui qui marie le mieux succès public et qualité artistique. Oda ne dépareillerait pas au panthéon.
* Ai Yazawa : Nana a marqué toute une génération avant de devenir un classique qui est toujours beaucoup lu aujourd'hui. Paradise kiss est un autre titre important. Très important dans l'histoire du shojo en France.
En réserve :
* Hiroshi Hirata : l'élection de Kojima et Suzuki laisse une place à ce maître du gekiga. Mais son oeuvre est trop largement indisponible pour le sélectionner aujourd'hui. Un programme de rééditions devrait bientôt début. Il sera temps de statuer sur son cas un peu plus tard.
* Fuyumi Soryo : une mangaka excellente qui n'a pas rencontre le succès qu'elle aurait dû. La récente réédition de son très bon shojo Mars semble se dérouler un peu dans l'anonymat. L'excellent Eternal sabbath a disparu des radars. Mais bon, Cesare a permis de lui assurer un public qui me semble déborder du public habituel des fans de manga. A voir.
* Kei Toume : très rapidement traduite en français avec Kurogane. Mlehureusement , la série a été arrêtée avant son terme. Ensuite, elle a souffert de la parution très lente de sa série majeure Sing Yesterday for me. Dommage. Mais SYFM est réédité et son actualité reste très vivante avec deux séries en cours de publication chez nous. En attente.
* Naoko Takeuchi : honnêtement, je n'ai jamais lu Sailor Moon mais historiquement, c'est une série importante pour le shojo en France. Est-ce que ça vaut en tant que tel et pas juste comme souvenir du dessin animé? A vous de me le dire.
Pas en sélection :
* Kaoru Mori : bon ok, Bride stories, c'est sympa. Mais ça me semble un peu léger pour le panthéon
* Tsutomu Nihei : culte pour Blame et insignifiant pour le reste de sa carrière. Très surestimé. En matière de seinen', je mettrais plusieurs mangaka en attente avant de choisir Nihei (par exemple Tsutomu Takahashi ou Hiroaki Samura)
* Go Nagai : il est évidemment connu via le dessin animé Goldorak mais son oeuvre manga a un impact négligeable chez nous. N'a pas du tout sa place en sélection.
* Tetsuya Chiba : adulé au Japon pour Ashita no Joe mais il me semble que son édition est malheureusement passée un peu inaperçue chez nous.
* Shirato Sanpei : pour son importance dans l'histoire du manga, il mérite sa place au-moins autant que Tezuka et Ishinomori. Mais son Kamui-den a été très mal édité en France et est indisponible depuis belle lurette. Ca me crève le coeur mais, comme Tetsuya Chiba, pas en sélection
* Masami Kurumada : syndrôme vote pour le dessin animé
* Leiji Matsumoto : beaucoup plus important que Kurumada mais un peu le même syndrôme. Et puis, certaines de ses oeuvres puent quand même un peu du cul.
Voilà.
A vos avis.

"Ca ne résout pas vraiment l'énigme, ça y rajoute simplement un élément délirant qui ne colle pas avec le reste. On commence dans la confusion pour finir dans le mystère."
Denis Johnson - "Arbre de fumée"