L'Odyssée, Christopher Nolan, 2026.
C'est une bonne adaptation (avec une fusion de Nausicaa et Calypso, pour gagner du temps). Les étapes du voyage d'Ulysse sont respectées, la Télémachie est simplifiée, mais ça va. Nolan ajoute le peuple de la mer, ce qui me semble être un ajout intéressant.
Le peuple de la mer, ceux qui violent, pillent et effraient tout le monde, c'est en fait les compagnons de voyage d'Ulysse. La peur de l'étranger est là, alors que c'est ceux qu'on connaît (ou pensait connaître) qui sont ceux dont on doit se méfier. Dans le contexte politique actuel à peu près partout dans le monde, j'ai trouvé que c'était malin comme idée.
John Leguizamo est un Eumée remarquable (comme toujours, j'adore cet acteur), Matt Damon offre un Ulysse torturé et pessimiste, et profondément humain.
Anne Hathaway est comme toujours, parfaite. Et Tom Holland est convaincant dans un rôle difficile, celui de Télémaque, un jeune homme qui doit respecter ses invités (les prétendants), être fidèle à la mémoire de son père et protéger sa mère.
Mais le summum, c'est cette pourriture d'Antinoos. C'est Robert Pattinson qui se colle au rôle. Celui d'un salaud, pleutre, lâche, vantard. Et il arrive à se faire détester en 3 secondes. La veulerie du personnage transparaît dans toutes ses expressions faciales et ses regards. C'est un bijou d'interprétation.
Et big up à Agamemnon, imposant, effrayant, dont on ne voit jamais le visage. Le chef. On aime, ou pas, mais Agamemnon, c'est la figure d'autorité, c'est celui qui a sacrifié sa fille Iphigénie pour pouvoir mener sa guerre. C'est le roi des rois, le plus puissant de tous.